La nouvelle entourloupe de G.W. Bush

Publié le par cc jung in effect

L’Empire qui n’est plus que l’ombre de lui-même, se rêve encore démiurge à l’échelle planétaire en promettant la foudre aux uns et en fermant les yeux sur les dérives de ses vassaux hystériques. L’Empereur qui a de plus en plus de mal à cacher les ficelles qui l’animent, vient de réussir pourtant une belle entourloupe tactique en présentant son huitième plan victorieux qui pérennise in fine l’occupation américaine en Irak. Après ses échecs en Afghanistan, en Mésopotamie et la campagne désastreuse du Liban menée par l’un de ses lieutenants, le Néron texan lorgne désormais sur l’Iran avec insistance. La formidable machine de la propagande s’est donc mise en ordre de marche pour faire accepter à l’opinion publique la confrontation à venir via les média souvent complaisants et pour parer de fatalité tragique, une escalade savamment entretenue…
C’est une étrange atmosphère qui règne dans les coursives du navire impérial qui n’a plus rien d’une tête de gondole mais qui fait immanquablement penser au « Titanic ». En dépit des secousses électorales (victoire des Démocrates), des ratés de la campagne irakienne, de la dégradation de la situation afghane et de la prévarication qui gangrène le système, le rafiot continue sur sa lancée, grandiose et insubmersible. En apparence seulement puisque les écueils et autres icebergs perforants surgissent un peu partout comme autant de bombes à retardement ou de mines marines à la dérive. Il faut dire que l’entêtement du Capitaine et l’incompétence manifeste de l’équipage n’arrangent pas les choses. La catastrophe est là, imminente et attendue et chacun retient son souffle avant la collision fatale. Complètement absente des débats pour cause de noyautage, l’Europe se contente d’observer le barreur fou lancé à vive allure dans un labyrinthe explosif, sans moufter. Le mentor de Nicolas Sarkozy a les mains libres et l’esprit définitivement parasité par les voix célestes qui le conseillent à l’abri des regards. Il fonce dans le vide sidéral en entraînant le monde dans sa chute annoncée.
Dieu sait pourtant que les signes avant-coureurs se multiplient en ce moment comme cette mise au ban du second, l’ami Blair qui souque ferme à contre-courant de son opinion publique courroucée. Noyé dans divers scandales, embourbé dans son indéfectible soutien au Néron texan, discrédité par le cortège invraisemblable de mensonges qui entourent sa communication, le souriant premier ministre britannique serre fort les dents en s’accrochant au bastingage. Il faut dire que l’équipage anglais est bien décidé à faire passer par-dessus bord l’imposteur (lien AP). Que dire de la lourde atmosphère qui règne à bord de l’autre goélette impériale, celle au pavillon frappé du sceau de David, sinon que la folie et la psychose se sont emparées des esprits. Le récit de la récente réunion de Herzliya donne une bonne indication de la confusion mentale qui règne dans les rangs de l’allié israélien visiblement déboussolé (lien Voltaire).
On passera sur les différentes affaires qui plombent le gouvernement d’Ehud Olmert (voir article précédent d’Omegalpha) pour ne retenir que l’hystérie de ces imprécateurs apocalyptiques qui hurlent contre le méphistophélique président iranien comme de…beaux diables sans sentir cette drôle d’odeur de soufre qu’ils exhalent. Les nouveaux inquisiteurs réunis en concile tiennent des discours délirants et fanatiques où il est question de l’Europe assujettie et submergée par une « vague démographique musulmane » (José-Maria Aznar et non Philippe de Villiers comme on pourrait l’imaginer), de feu d’artifice nucléaire pour rayer de la carte…l’Iran des Mollahs et l’empêcher ainsi de se doter du…nucléaire civil, de la supériorité génétique du peuple élu (une « analyse » de Charles Murray, écrivain américain) et autres petites fantaisies de gens « éclairés ». Le nouvel épisode de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est démontre d’ailleurs la volonté de paix qui anime ces théoriciens du chaos constructif (liens Libération – Reuters - Figaro). Cette nouvelle provocation intervient au moment même où les différentes factions palestiniennes viennent de parvenir à un accord de paix fragile. Une accalmie obtenue après maintes entorses au cessez-le-feu malgré les efforts désespérés de la Maison Blanche et de Tel-Aviv pour souffler sur les braises d’une guerre civile naissante dans les Territoires occupés (lien AP).
Ce même chaos constructif continue imperturbablement son œuvre de démolition obstinée en Irak où la situation n’est pas prête de s’améliorer, loin de là. Ce n’est pas le huitième plan de victoire présenté par Georges Bush qui modifiera la donne sécuritaire. Même le très atlantiste quotidien français, le Figaro, ne se fait plus aucune illusion sur l’issue de cette guerre irakienne sans fin, c’est dire… (lien). Comme à son habitude, l’Empereur vient de présenter au Congrès réticent, un protocole pour la reconduite des opérations militaires truffé de vices cachés. Le énième plan devait, en principe, permettre une certaine stabilisation de la capitale irakienne en proie à des violences inégalées afin de permettre aux troupes d’occupation de se retirer sur la pointe des pieds, toute honte bue. Pour ce faire, 20 000 hommes devaient être déployés à Bagdad et dans les régions instables en attendant de passer le flambeau à ces supplétifs irakiens qui sont bien incapables en réalité, de prendre un quelconque relais pour assurer la sécurité du pays. Mais cette présentation tronquée ne résiste pas longtemps à une froide analyse de la situation et des mouvements stratégiques de l’armée US qui s’opèrent en ce moment en Irak.
La nomination du Général Petraeus (lien Libération – Reuters), un spécialiste de la guérilla qui a l’air de faire l’unanimité de la classe politique US, ne devrait pas occulter le pendant logistique de cette nouvelle orientation stratégique qui est révélateur des ambitions ourdies par les concepteurs du nouveau plan « victorieux ». Le chiffre de 20 000 hommes envoyés en renfort pour servir de force d’appoint aux unités déjà présentes sur le terrain, s’est magiquement transformé au fil des jours et le nombre évoqué avoisine désormais les 48 000 hommes (lien AFP). Habile manœuvre puisque les mêmes qui critiquaient ce plan en fustigeant la faiblesse des renforts et son inefficacité probable, sont désormais réduits au silence et doivent se contenter d’assister à ce qui ressemble à un remake de la guerre du Vietnam. Sous couvert de réajustement permanent de sa stratégie, la Maison Blanche avait procédé de la même manière à l’époque en envoyant toujours plus de troupes tout en jurant qu’il s’agissait à chaque fois, de l’ultime effort pour forcer le destin… On connaît la suite.
 

L'Empereur du Bien... (Reuters)

Une escroquerie budgétaire qui fait les affaires des entreprises contributrices
 
Objectivement, les instigateurs de l’ombre qui agitent la marionnette n’ont aucune raison de modifier leur tactique puisqu’elle s’avère payante au sens propre du terme. Le chantage permanent exercé par l’administration Bush pour desserrer les cordons de la bourse en faveur du théâtre d’opération irakien, fonctionne parfaitement puisqu’il est hors de question pour le contribuable patriote de laisser tomber les braves GI’s qui morflent sur place. Une escroquerie budgétaire qui fait les affaires des entreprises contributrices et amies du clan Bush-Cheney qui avalent goulûment les milliards de dollars en recrachant quelques miettes sur le terrain. Le budget de la défense qui est astronomique ne cesse de gonfler outrageusement et il devrait bientôt atteindre la somme folle de 481 milliards de dollars en 2008 (+ 10%) après l’obtention des rallonges demandées (liens Mondialisation – De Defensa – Reuters). Un pactole monstrueux qui contraste amèrement avec les difficultés logistiques rencontrées par les troupes US contraintes parfois de payer les équipements militaires (gilets pare-balles notamment) de leurs propres poches quand les sommes allouées ne disparaissent pas purement et simplement (lien Bellaciao).
On conviendra que ces renforts de troupes, ces rallonges budgétaires et les discours bellicistes des « faucons » de l’administration Bush ne laissent rien augurer de bon quant à la poursuite de l’aventure sanglante en Mésopotamie. Les supposées « fuites » du renseignement américain, un service quasiment en voie de privatisation et au service exclusif d’un clan affairiste, préparent l’opinion publique pour l’acceptation d’une dégradation de la situation en Irak. Ces officines prédisent même un chaos à venir…parfaitement théorisé puisqu’il s’agit de démembrer à terme l’Irak en trois provinces distinctes pour cause de guerre civile… que l’on a soigneusement contribué à générer au passage.
En permettant la création de milices privées chiites, en favorisant l’émergence d’escadrons de la mort et autres groupes « terroristes » non identifiés, les stratèges de l’administration Bush savaient parfaitement qu’ils ouvraient la boite de Pandore. Si vous ajoutez à ce magma explosif, Al Quaeda (l’armée de l’ombre où se cache bien du monde…) et une véritable armée parallèle composée de mercenaires (lien De Defensa) qui manigancent dans l’ombre du contre-terrorisme, des attentats et des coups bas, vous obtenez très exactement la situation actuelle qui ressemble à un casse-tête chinois ou à un piège mortel pour l’unité du grand Irak. Un collet qui est en train de se resserrer sur les troupes d’occupation qui subissent des pertes croissantes (liens) d’autant que la supériorité aérienne de l’armada US est en train de…voler en éclats (liens agences de presse). Bourrés de technologie électroniques et de dispositifs de brouillage et de leurre anti-missiles, les hélicoptères américains qui s’écrasent en série s’avèrent vulnérables… aux armes légères, un comble et une absurdité technologique (lien De Defensa). L’Etat-major US a bien évidemment une explication toute trouvée fournie par le StratCom, une agence spécialisée dans la propagande massive et l’intoxication : c’est l’Iran qui fait tomber les frêles frelons puisque la République islamique fait la pluie et le beau temps chez son voisin (lien De Defensa). Après Al Quaeda accommodé à toutes les sauces, c’est l’Iran qui est le parfum du jour et que l’on saupoudre gaillardement dans l’actualité.
 

Baril de poudre...

L’hystérique campagne de dénigrement mise en œuvre
 
Voilà la véritable opération qui se profile derrière les plans victorieux, les rallonges budgétaires et toute la panoplie coutumière de l’Empire déraisonnable, la cible iranienne… Pas le moment donc de réduire les effectifs en Irak qui devraient servir de forces d’appoint et de proximité en cas d’attaque américaine. En choisissant de s'en prendre aux milices chiites que les occupants ont pourtant encouragé, Bush vient en effet de déclarer la guerre à mots couverts à l’Iran (de confession chiite) qui soutient effectivement Moktadar Sadr et sa clique (lien Libération – Reuters). Voilà une nouvelle provocation après la démesurée pression sur les autorités iraniennes à propos du dossier nucléaire, l’envoi de porte-avions surarmés au large des côtes iraniennes, l’hystérique campagne de dénigrement mise en œuvre par les autorités israéliennes et toute l’agitation médiatique pour rendre l’affrontement inéluctable, en apparence bien évidement (lien Mondialisation). Dans la foulée, ce sont les très inspirés services de renseignements qui avancent aujourd’hui des preuves de l’implication iranienne dans les progrès de la guérilla irakienne (lien Le Monde)… Les mêmes officines qui avaient fourni les non moins « indiscutables » preuves de la présence d’armes de destruction massive en…Irak.
Et comme l’opinion publique américaine a appris à ses dépends, à se méfier de ses propres services de renseignement, toutes les options sont envisagées pour précipiter la confrontation que souhaitent si ardemment les « faucons » américains et israéliens perdus dans leur rêve grandiose d’hégémonie mondiale et de rapine planétaire. La leçon libanaise, le fiasco irakien et le bourbier afghan n’ont visiblement servi à rien aux yeux de ces détraqués notoires. Ces « princes des ténèbres » semblent résolus à plonger la planète toute entière dans un chaos inextricable (mais bon pour le business) comme vient de le révéler l’ancien conseiller à la sécurité, Brzezinski, lors de son audition par la Commission des Affaires étrangères du Sénat en ce début février (lien Voltaire). La déclaration lue par cet éminent personnage de l’administration Bush est un aveu hallucinant en soi qui donne un éclairage terrifiant sur les pratiques usitées par ce cénacle pseudo évangéliste sans foi ni loi. Voilà qui clarifie un peu mieux les terribles évènements du 11 septembre 2001.
« Un scénario possible pour un affrontement militaire avec l’Iran implique que l’échec irakien atteigne les limites américaines ; suivi par des accusations américaines rendant l’Iran responsable de cet échec ; puis, par quelques provocations en Irak ou un acte terroriste sur le sol américain dont l’Iran serait rendu responsable. Ceci pourrait culminer avec une action militaire américaine "défensive" contre l’Iran qui plongerait une Amérique isolée dans un profond bourbier englobant l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan » a notifié l’expert. Il confirme ici les soupçons qui pèsent sur cette administration capable de fomenter des faux attentats ou de les laisser s’accomplir pour cultiver ensuite la lourde atmosphère de paranoïa et de soupçon (Patriot Act, espionnage de ses propres concitoyens, scandale des écoutes de la NSA, profilage des passagers, Guantanamo, les charters de la CIA, etc.) qui caractérise les juntes militaires ou militaro-industrielles. Cet exercice de manipulation qui consiste à infliger à sa propre population et à sa propre armée des attentats pour déclencher une réaction de l’opinion publique n’est pas une nouveauté en soi si l’on se réfère à différents épisodes historiques des U.S.A (Pearl Harbor, opération Northwood, voir liens Le Monde Diplomatique – Voltaire - WWS).
Cette manipulation de masse et ces techniques de camouflage des manœuvres sont bien plus souvent utilisées que l’on imagine. La lecture d’un article de Bellaciao donne d’ailleurs un aperçu édifiant des différentes méthodes de nos communicants pour mieux nous emberlificoter. Voilà là une raison supplémentaire pour encourager le travail des journalistes, ces artisans de l’information qui sont plus capables que d’autres de décrypter le message, son conditionnement et son emballage puisqu’ils maîtrisent le processus technique utilisé. C’est sans doute pour cette même fonction d’éclaireurs de l’opinion publique qu’ils sont pris pour cible un peu partout dans le monde et surtout en Irak (liens Le Monde – AFP). C’est aussi pour préserver cette fonction citoyenne qu’il faut sans cesse dénoncer ces professionnels de l’info qui se mettent au service des gouvernants pour parfaire la manipulation de masse en laissant le « bon peuple » dans sa « crasse ignorance » des affaires du monde.
 
Liens :
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« (…) Jeudi également, les forces américaines affirment avoir tué 13 insurgés dans une frappe aérienne qui visait un "adjuvant des combattants étrangers" au nord-ouest de la ville d'Amriya, près de Falloudja, un secteur où les insurgés sunnites sont très présents.
Un médecin travaillant dans un hôpital local a déclaré que 30 corps, dont ceux de sept enfants, avaient été apportés du village de Zaidan, près d'Amriya. (…) »
 
 
 
« (…) Les grandioses théories stratégiques et géopolitiques sur la possible attaque contre l’Iran des analystes divers et variés sont éclairées d’une lumière étrange, dans un climat qui ressemble plus à des arrangements entre mafieux. Ce climat contraste évidemment d’une façon tragique avec ce qui est en jeu, une attaque militaire majeure contre un pays souverain. (…) »
 
 
 
 
 
«  (…) Depuis plus d'un siècle, chaque guerre menée par les Etats-Unis s'est accompagnée de provocations orchestrées par le gouvernement américain pour tromper l'opinion publique et donner un aspect « défensif » à ses actions militaires. La tendance est bien connue, depuis la campagne sur l'explosion du cuirassé Maine qui a mené à la guerre contre l'Espagne en 1898, à l'incident du Golfe de Tonkin et la guerre au Vietnam, jusqu'au massacre de Racak, le prétexte pour l'intervention américaine au Kosovo en 1999. (…) »
 
 
 
Au coeur du renseignement américain (Le Monde Diplomatique)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
"(...) Le CPJ ajoute que si rien ne prouve que la mort des 14 journalistes tués par les forces américaines ait été délibérée, aucune n'a fait l'objet d'une enquête appropriée de l'armée.(...)"
 
 
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CC Jung
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Publié dans L'Empire du Bien

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