Juppé : droit dans son trône

Publié le par cc jung in effect

Au menu du jour, une bonne bouteille de Bordeaux millésimée RPR, pardon, UMP qui revient sur la table. Et puis quelques petits amuse-gueules de l’Empire qui ne manque pas d’humour et de culot. De quoi s’étrangler parfois en attendant de faire entièrement partie des convives de la gigantesque orgie de l’Empire. Nous en rêvions, Sarkozy va bientôt le faire…
 
 
Il serait inconvenant de débuter cette chronique sans évoquer une bouleversante nouvelle pour notre beau pays. Non, il ne s’agit pas de l’opération « retour » de Jospin qui doit en être à son cinquantième épisode ni d’une annonce surréaliste de notre ministre du rêve économique, Thierry Breton. Vous avez sans doute deviné qu’il s’agit du meilleur d’entre nous qui revient par la grande porte de la Victoire à Bordeaux, Alain Juppé (lien). L’enfant prodige de la « chiraquie », après une courte tentation québécoise pour faire oublier de minuscules bêtises, va donc bientôt se retrouver droit dans ses bottes dans la capitale du vin.
Il s’est bonifié disent les fins œnologues de la politique locale. Il faut dire que ses alliés locaux lui ont gardé la place au chaud et surtout, qu’ils sont fin prêts pour s’effacer devant le grand leader de l’UMP qui a retrouvé la blancheur virginale après un périple dans le grand Nord. Outre le procédé qui méprise complètement tout le processus électoral (en provoquant des élections anticipées), Alain Juppé peut donc à nouveau remonter sur scène après une condamnation réduite à une peau de chagrin, celui des Bordelais apparemment inconsolables depuis le départ du très charismatique énarque. Même les travaux du tramway et la terrible pagaille que cela a constitué dans la belle endormie (Bordeaux), n’a pas érodé sa popularité, c’est dire.
A part cela, l’actualité paraît bien insipide finalement. Nos amis noirs américains se remettent difficilement de la « gestion » du cyclone Katrina par l’administration Bush (lien). De cet épisode, on a retenu cette mémorable réflexion d’un proche de l’évangéliste qui a de la bouteille, qui disait en résumé que la catastrophe climatique était un don de Dieu pour « nettoyer » la très plaisante Nouvelle-Orléans d’une tâche qui la souillait depuis si longtemps, l’omniprésence de Noirs (pauvres de surcroît). Cela résume assez bien une certaine Amérique qui a officiellement aboli l’apartheid local il n’y a pas si longtemps finalement. L’article du Monde nous laisse entrevoir un chaos logistique qui en dit non sur l’incompétence de cette administration ou son indigence profonde, à moins que cette volonté de laisser pourrir la situation soit un prolongement du projet divin.

 
Tout était pourtant parfaitement prévu sauf la déconfiture des gourmands
Quoi d’autre dans l’actualité encore ? Le dossier iranien qui nous réserve de belles surprises avec la nouvelle proposition des mêmes très compétents évangélistes qui veulent former une nouvelle « coalition » contre le pays de Mahmoud Ahmadinejad (lien), un nouveau Satan barbu selon la nouvelle exégèse de l’Empire. Ben Laden est un peu périmé, il est vrai. En somme, refaire le coup de l’Afghanistan et de l’Irak qui se portent à merveille comme chacun le sait, et qui rivalisent d’imagination pour prouver combien l’administration Bush est pourvoyeuse de paix et de stabilité (liens). Entre les attentats suicides (Irak et Afghanistan), la guerre civile (Irak), le retour des Taliban et le trafic de drogue qui explose au pays de Massoud, tout va pour le mieux sans doute après le coup de pouce des « coalitions ». Cependant, dans ce remake de des deux navets précédents, il y a eu un hic de taille, la déconvenue d’Israël au Liban. Tout était pourtant parfaitement prévu sauf la déconfiture des gourmands.
Après avoir laissé faire les aventureux accomplir leurs funestes projets comme bon leur semblait au Liban, les Européens s’empressent de ramasser les morceaux en risquant de se couper au passage tandis que le gouvernement d’Ehud Olmert continue de maintenir un blocus absurde (liens). Une ultime manière sans doute de faire payer aux Libanais le fait d’avoir entravé le merveilleux projet évangéliste du « chaos constructif ». Suprême facétie des joyeux lurons de l’Empire et de ses vassaux, Israël demande officiellement que les pays étrangers viennent désarmer le Hezbollah (lien), une prouesse qu’ils n’ont pas réussi à accomplir après plus d’un mois de froide tuerie technologique et d’essais libres des derniers joujoux mortifères livrés en urgence par le Pentagone.
Après tout, pourquoi ne pas oser puisque la généreuse communauté internationale a toujours tout laissé passer au turbulent rejeton de leur histoire coupable en fermant les yeux sur ces grosses bêtises de bambin cruel et retors. Nous serions bien capables d’envisager sérieusement cette option, dommage que Nicolas Sarkozy ne soit pas encore au pouvoir parce qu’il prête une oreille plus qu’attentive aux requêtes de l’Empire et de ses satellites. Il se garde bien d’afficher les armoiries de l’Empire mais il en est pourtant le plus fidèle représentant dans l’Hexagone. C’est aussi un des enjeux de la future campagne présidentielle mais il est, jusque là, savamment occulté. Dommage…
 

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CC Jung
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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