L'impossible défaite de l'Empire bis
Il paraît que les diplomates « s’activent » pour faire cesser la folie guerrière qui s’est emparée du Proche Orient. Cela fait bien quatre semaines que la communauté internationale traîne des pieds et tourne en rond pendant que le Liban est réduit consciencieusement à néant. Il devient difficilement tolérable d’assister au spectacle de la mise à mort d’un pays pour satisfaire le désir d’hégémonie régionale du caïd de l’Empire. Les atermoiements de la diplomatie ne masqueront plus très longtemps le désir d’offrir du temps et une latitude à Israël pour sauver la face dans cette campagne démente pendant que les bombes pleuvent sur les civils de part et d'autre. Comme une « pluie d’été » qui n’en finit plus d’éclabousser le monde de son sang.
Einstein nous l’avait bien dit, le temps est relatif. Tenez par exemple, celui de la diplomatie, il a tendance à s’allonger et à s’étirer à l’infini. Depuis combien de temps, entendons-nous notre brillante Condoleezza Rice nous affirmer sans rire, qu’un projet de résolution du conflit au Liban sera bientôt soumis aux partenaires de la communauté internationale ? Deux semaines ou trois ? Remarquez qu’il y a une légère inflexion de la politique américaine puisque nos maîtres du monde réclamaient au début des hostilités de la « retenue » tout en n’appelant pas à un cessez-le-feu…
Nous sommes entrés dans la quatrième semaine de guerre sans qu’aucun des belligérants ne prenne le dessus tandis que la communauté internationale s’active... à ne rien faire. Est-ce le signe d’une accalmie et d’un regain de manœuvres dans les coulisses feutrées de la diplomatie ? Bien au contraire, la tension vient de franchir un nouveau palier puisque l’aviation de Tsahal a repris son œuvre monumentale de destruction en frappant la capitale libanaise tandis que les fous furieux d’en face font pleuvoir une variante de la « pluie d’été » qui fauche les vies au hasard. Le programme des réjouissances s’annonce copieux puisque l’état-major israélien a promis de raser l’ensemble des infrastructures pendant que son sparring-partner tout aussi déterminé promet de cibler Tel Aviv… Mais Condoleezza vient de faire savoir qu’un accord était une « question de jours » (lien le Monde, « Liban : la France et les Etats-Unis peinent à s'accorder sur un scénario de sortie de crise »). Quatre semaines que cette litanie nous berce, une sérénade macabre qui risque de durer jusqu’aux berges du Litani qu’espère atteindre l’armée d’Ehud Olmert.

Les faucons ont vendu cette guerre au Liban en assurant qu’il serait question de quatre ou cinq jours…
Si l’on en croit le très documenté De Defensa, les ardents partisans de la paix que sont les fanatiques de l’Empire du Bien imaginaient une toute autre issue à cette farce sanglante. “After the capture of two Israeli soldiers by Hisbollah on July 12, the top officers of the Israel Defense Force General Staff, including Chief of Staff General Dan Halutz, told Israel’s political leaders that Hisbollah would “collapse” in four or five days of pounding by the Israeli Air Force ” (Lien De Defensa). Ainsi, les faucons du gouvernement Olmert ont vendu cette énième guerre au Liban en assurant qu’il serait question de quatre ou cinq jours au grand maximum pour venir à bout d’une milice à l’armement insignifiant face à la formidable machine de guerre de Tsahal.
Entamée le 12 juillet, l’opération militaire peut s’enorgueillir d’un triste tableau de chasse où figurent un millier ou presque de civils tués, deux milliards et demie de dégâts, un million de réfugiés et une centaine de farouches ennemis tués. Fadl al-Chalak, président du Conseil de reconstruction (une reconstruction réduite à néant) s’étonne naïvement ; « L'armée israélienne, si elle fait uniquement la guerre au Hezbollah, n'a aucune raison de bombarder un pont dans le nord du pays, de pilonner les réservoirs d'eau ou des biens d'utilité publique » (lien Libération). Incapable de victoires probantes sur le terrain militaire, l’irascible voisin s’acharne à tout détruire comme un géant en furie, comme pour se prouver à lui-même sa capacité d’anéantissement de l’autre. A défaut de réussir sa mission, l’armée accomplit sa sinistre besogne, semer la mort sans discernement et au mépris de toutes les règles internationales qui régissent la guerre (lien « Les «crimes de guerre» de Tsahal », Libération).
Vécue comme légitime par la population israélienne, cette guerre de trop qui n’a que trop duré, laissera de profondes cicatrices de part et d’autre tout en semant inlassablement, les graines de la haine dans l’ensemble de la communauté musulmane. Le tout, généreusement arrosé par la « pluie d’été » qui se poursuit dans les Territoires occupés depuis... des décennies (lien AFP – Libération). Une communauté qui a pu mesurer douloureusement la géométrie variable en matière de droit international et l’impunité de fait d’un « invité » dans la région décidément infréquentable. Mis à l’index depuis le 11 septembre, les Musulmans se retrouvent comme à chaque fois désormais, dans leurs rôles favoris, celui de fanatiques que l’on affuble désormais de l’épithète « nazis » pour bien faire prendre la mayonnaise et semer une habile confusion sémantique. Ce fameux 11 septembre qui a été finalement le choc primitif ou le signal de l’hallali. Plus le temps progresse et plus l’évidence spectaculaire des attentats s’estompe pour laisser apparaître une zone grise et floue où se dessine subrepticement une autre vérité…

Le FBI avait conclu à la préparation d’un attentat mettant en œuvre un détournement d’avion commercial
La liste des incohérences et des coïncidences relatives à ce fameux jour du 11 septembre n’en finit plus de s’allonger tout comme le nez des officiels du Pentagone « surpris » par la catastrophe. Un rapport vient d’épingler, encore une fois, les mensonges de l’administration Bush sur les évènements et leur déroulement (lien Le Monde). Pour peu que l’on plonge dans ce dossier épais et touffu, on progresse de surprises en surprises sur la version des faits, les implications, les attitudes équivoques, les prophéties réalisées, les avertissements non pris en compte et tant d’autres sujets d’étrangeté. Et dire que le seul suspect puni pour ces terribles attentats est un Français, Zacarias Moussaoui, le seul responsable de cette énorme opération… Rire amer du condamné qui avoisine la folie désormais.
Jugeant son comportement de pilote amateur suspect (il voulait apprendre à décoller, pas à atterrir..), le FBI avait procédé à son arrestation avant de conclure à la préparation d’un attentat mettant en œuvre un détournement d’avion commercial. De manière totalement « incompréhensible », le dossier établi par ces services de surveillance intérieure a été mis sous le coude et l’information bloquée, un mois et demie avant le 11 septembre 2001. Il en est de même avec les avertissements précis des services français et allemands sans oublier les renseignements concordants fournis par Moubarak, le président égyptien. Ce pauvre mythomane était à deux doigts de tout faire capoter en s’y prenant comme un manche avec ses histoires de pilote déjanté.
Heureusement l’administration Bush a oublié ces clignotants au rouge vif et ces alarmes stridentes. Cela nous aurait privé d’un monde sous l’emprise du Pentagone et de ses « contributeurs de campagne », les industriels de la mort et les pétroliers. On n’aurait pas eu droit à une campagne afghane pour punir les Taliban, une milice (tiens encore une) « inventée » par les services secrets pakistanais et par la CIA et qui échappe complètement aux marionnettistes. Requinqués par la diversion irakienne, ils s’en donnent à cœur-joie à coup de voitures piégées et d’attentats (lien). Ils sont sans doute inspirés par le « modèle » mésopotamien de « démocratie forcée » et de libération que Bush osait encore vanter il y a peu. L’Irak est très officiellement en guerre civile et les fuites des généraux et autre ambassadeur bavard sont faites pour préparer l’opinion mondiale à cette évidence macabre (lien).
Nous faire manquer ces épisodes joyeux relevait de la faute de goût d’autant que les festivités nouvelles s’annoncent encore plus radieuses que les précédentes… Il est question aujourd’hui de punir une milice conçue et encouragée par Israël pour affaiblir l’OLP d’Arafat et de détruire en même temps une milice née…de l’occupation d’Israël au Liban. Légitime campagne pour les apprentis sorciers, on en conviendra. L’Empire du Bien, dans son infinie sagesse, enfante des ennemis à combattre qui font fructifier les exponentiels budgets de défense et qui lui fournissent de splendides prétextes pour faire couler le sang de l’or noir. Laissons donc un peu de temps à la maîtresse de maison, Condoleeza, quelques jours pour mettre les petits plats dans les grands, soyons diplomates…

Liens :
Liban : la France et les Etats-Unis peinent à s'accorder sur un scénario de sortie de crise (Le Monde)
L’optimisme de Tsahal et les manœuvres de Washington (De Defensa)
(…) Enfin, la source citée par EIR estime que les Israéliens se trompent en croyant que les Américains leur font une faveur en leur permettant de continuer la bataille contre le Hezbollah. Pour elle, les Américains poursuivent un but caché, qui est de pousser les Israéliens dans une guerre avec la Syrie. (…)
Un raid aérien israélien dans la Bekaa tue 33 civils (Libération)
(…) Au moins 33 ouvriers agricoles, dont de nombreux Kurdes syriens, ont été tués dans un raid aérien israélien dans la vallée de la Bekaa, dans l'est du Liban, a-t-on appris auprès des services de sécurité libanais.
Les appareils israéliens ont pris pour cibles des camions transportant des fruits dans une ferme proche de la localité de Kaa, dans le nord de la Bekaa, près de la frontière syrienne. Ils ont tiré trois roquettes sur des camions qui venaient d'embarquer une cargaison de fruits. (…)
Excellente tribune à lire pour prendre un peu de hauteur…
«Jamais je n'avais vu de telles destructions» : (Fadl al-Chalak, président du Conseil de... reconstruction, Libération)
Les «crimes de guerre» de Tsahal ( (Libération)
Neuf cents morts et un million de déplacés au Liban (Reuters Libération)
Une star du blog américain en prison (Reuters Libération)
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CC Jung
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