Notre aveuglement sinistre

Publié le par cc jung in effect

Difficile de ne pas parler à nouveau du drame qui se déroule au Liban tant les images sont glaçantes, le nombre de victimes civiles démesuré et les méthodes innommables. Cette tragédie marque sans doute la fin d’une époque bénie pour Israël, celle où ce pays bénéficiait encore d’une certaine complaisance mondiale. L’Irak et Afghanistan vacillent également dangereusement après le traitement de cheval fou infligé par l’Empire du Bien. Comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, c’est la Somalie qui semble se diriger vers une guerre qui l’opposerait à l’Ethiopie. Petit tour du monde merveilleux sous le règne fécond de l’Empire du Bien.
 
 
Cela ressemble à de la folie, à une rage froide et calculée, à une ivresse démente, à un orgueil illimité, à un mépris insensé, à une suffisance mortifère et surtout à un sanglant règlement de comptes du parrain local. Le spectacle que nous offre la vaillante armée d’Israël depuis presque une quinzaine de jours au Liban, est à la dimension de notre complaisance, de notre connivence passive et de notre aveuglement depuis si longtemps. Nous sommes tous responsables de ce sentiment d’impunité totale qui anime depuis tant d’années les différents gouvernements de l’état hébreu. Sans doute paralysés par une culpabilité inconsciente et par bien des calculs sournois, nous avons feint de croire aux balivernes romantiques, celles d’un jeune état démocratique et plein de rêves d’avenir, celles de la terre promise où devait s’ériger une nouvelle nation, celles de la naissance douloureuse d’une utopie rédemptrice, celles de l’énergie d’un idéal et d’une illusion. C’est une base militaire qui est née là-bas, rien d’autre malheureusement pour les juifs martyrs si heureux de trouver un sanctuaire et leurs voisins obligés.
 
Et nous avons fermé les yeux pendant tellement d’années sur les douloureuses coulisses du spectacle, sur le couac primitif d’un « état dans l’état » en oubliant piteusement les dindons de la farce tragique, les Palestiniens. Après tout, Israël était une nouvelle Amérique bâtie dans le désert brûlant et sur les cendres sordides de notre histoire, un peu d’Europe sous le soleil exactement, un peu d’aventure heureuse que notre douloureuse folie venait d’enfanter, un peu de nous en somme. Les multiples guerres qui ont meurtri la jeune nation qui jouait sa survie nous ont bien vite ému et le bruit des canons et le brouhaha joyeux de la victoire nous a occulté le principal, la naissance puis la consolidation d’une idéologie guerrière et raciale, boursouflée d’un appétit de démiurge et d’un mépris absolu pour le sort des autres acteurs régionaux.
 
 

Le Commandant Jung parlait peu

Rien de nouveau sous le soleil
 
 
A ceux qui s’étonnent aujourd’hui que l’armée d’Israël nappe les convois de réfugiés sous les bombes au phosphore et autres joujoux mortifères interdits même sur les champs de bataille traditionnels (liens Nouvel Obs et Libération), à ceux qui s’émeuvent de la destruction des média libanais (lien «L'armée israélienne prend pied au Liban et tente de bâillonner les Libanais »  ), de la dévastation rageuse d’un pays et de ses infrastructures, des inqualifiables violations des lois humanitaires comme le souligne Jan Egeland (Le secrétaire général adjoint de l’Onu pour les affaires humanitaires), il faut répondre : rien de nouveau sous le soleil.
 
Les Palestiniens subissent cette démesure impitoyable depuis des décennies, bien à l’abri des barbelés de leur bantoustan, juste derrière le mur de la honte, la nôtre, celle de notre insupportable silence depuis des lustres. Le traitement infligé aux Libanais est identique (à leur échelle) à celui administré aux habitants des Territoires occupés. Même faute, même punition. Les Palestiniens, au terme d’un processus limpide et démocratique, ont porté au pouvoir le Hamas, une créature grimaçante née dans les méninges lugubres du démiurge comploteur. Les Libanais ont commis le même « écart démocratique » en offrant une visibilité politique au Hezbollah, le contre-poison d’une occupation du même parrain local. Ce parti radical n’a pourtant rien d’innocent puisqu’il est responsable de deux énormes attentats contre les troupes d’interposition françaises et américaines dans les années 80 mais il a réussi à mettre la fin à l’occupation de l’état hébreu au Liban. Jeux de miroirs sinistres. Jeux mortels.
 
La vraie faute des Libanais et des Palestiniens, quelle cruelle ironie, est d’avoir cru aux mirages de la propagande de l’Empire et à l’illusion d’une auto-détermination. Invité dans la région pour panser ses propres plaies, Israël décide désormais de la vie et de la mort de son entourage immédiat à coups d’ « assassinats ciblés » (la fausse pudeur est dans l’adjectif), de guerre pour des motifs choisis, à coup de rafles de masse et de bombes sous le regard bienveillant de l’Empire, hors des yeux détournés d’une Europe honteusement suiviste. Le maître absolu du coin n’admet pas les rebuffades. Un texte mis en ligne par un blog lié résume assez bien le contexte et les « oublis » de la propagande massive qui nous abreuve en continu.
 
 

Le Commandant était pacifiste...

 
L’opération d’ampleur engagée au Liban était en préparation depuis belle lurette
 
 
Telle est la réalité, celle d’une impunité totale et d’un dérèglement absolu de la mécanique primitive. Israël, terre promise, est devenu un état « escadron de la mort » dans la région, plus ou moins téléguidé et armé par l’Empire du Bien (lien Nouvel Obs ++) pour accomplir les sales besognes qui semblent réjouir les détraqués de Washington (lien De Defensa). Il faut bien imaginer en effet que ce qui ressemble à un accès de fureur démentielle et à un coup de sang halluciné pourrait tout à fait être un calcul froid et une planification cynique de cerveaux retors et malades. L’état-major de Tsahal n’a pas pu nier longtemps que l’opération d’ampleur engagée au Liban était en préparation depuis belle lurette. En fouillant dans les archives électroniques, nous sommes malicieusement tombés sur un article relatant une fuite dans la presse, un texte vieux de deux ans…
 
« Le Jerusalem Post rend compte, dans son édition du 22 janvier 2004, d’un article à paraître vendredi 23 dans la revue britannique Jane’s Intelligence Digest, selon lequel le secrétaire à la Défense états-unien, Donald Rumsfeld, envisagerait de provoquer une confrontation militaire avec la Syrie en attaquant les bases du Hezbollah près de la frontière syrienne au Liban. » nous apprenait à l’époque le Réseau Voltaire (Lien). Ce sont les troupes israéliennes qui ont accompli la prophétie de Donald Rumsfeld, la Pythie du Pentagone qui parlait des attentats du 11 septembre six mois avant leur accomplissement ( Lien Voltaire 2). Quels étaient alors les buts recherchés en attaquant le bases du Hezbollah au Liban ? Les objectifs étaient variés : 
Tout d’abord,
 - « augmenter la pression sur Damas pour que cesse le soutien aux groupes palestiniens anti-israéliens
 -   persuader la Syrie d’abandonner ses armes de destruction massive et de retirer ses troupes du Liban
 -   créer une situation permettant le renversement du président Bashar al-Assad
 -  écraser le Hezbollah et de mettre un terme à ses liens présumés avec Al Qaïda
. » (Voltaire).
 
Seul un des buts de guerre est à rayer de la liste puisque l’explosion mystérieuse du Premier ministre Libanais Hariri et la mise en cause des Syriens ont déjà précipité le départ des troupes qui occupaient le Liban. Montrée du doigt comme commanditaire de cet attentat qui allait pourtant à l’encontre de ses intérêts immédiats, la Syrie a été tenue pour responsable du carnage, sans preuves bien sûr et en dépit du bon sens après reconstitution du scénario. Il se trouve que le cortège de sécurité du Premier ministre libanais bénéficiait des dernières merveilles de l’électronique pour contrer les attentats à la bombe grâce à un système complexe de leurre et de brouillage magnétique. La seule parade possible pour déjouer les protocoles de sécurité (changement d’horaires et de trajet, multiples convois simultanés, etc.) consistait à localiser la voiture en question grâce à un satellite « calé » sur une fréquence de portable pré-définie puis à « casser » la barrière magnétique qui empêchait le déclenchement des détonateurs d’engins explosifs.
 
 

Le Commandant Jung prenait parfois de la hauteur...

A la vitesse des kamikaze fonçant sur des convois de la « Coalition »
 
 
Cette sophistication du mode opératoire de l’attentat et des moyens mis en œuvre sont l’apanage de quelques rares puissances militaires qui disposent de satellites et d’une technologie de pointe, la Syrie en est très loin. Pour ce qui est du reste du plan impérial initial, la suite s’avèrera plus compliquée puisque le Hezbollah résiste mieux que prévu tout en continuant à balancer ses projectiles mortels à l’aveuglette, tuant d’autres innocents (liens). Autre élément à prendre en considération, de plus en plus de voix s’élèvent dans le monde entier pour demander l’arrêt de la boucherie (liens). Il faut dire que le communauté internationale commence à sérieusement se lasser de la frénésie sanguinaire de la ligue mondiale des néo-conservateurs du Nouvel ordre mondial fascisant.
 
Un coup d’œil sur les dépêches en dit long sur le projet des faucons américains et leurs conséquences désastreuses. L’Irak baigne littéralement dans des flots de sang (lien), les bavures de l’occupant se multiplient à l’infini (lien) tandis que la révélation de l’usage de la torture systématique explique la popularité inaltérable des soudards de Bush (lien Le Monde). En Afghanistan, la situation empire également à vitesse grand V, plus précisément à la vitesse des kamikaze fonçant sur des convois de la « Coalition » (liens). Loin de se réfréner, l’Empire a décidé de pousser l’absurdité de la logique jusqu’à son terme. Insatiable, il nous prépare déjà une prochain déchaînement de violence en poussant l’Ethiopie à guerroyer avec la Somalie voisine qui est aux mains d’une milice non soumise à l’Empire (Lien). Et dire que tout ceci est théoriquement accompli au nom de la lutte…anti-terroriste. Ils nous laisseront des années et des années de folie incendiaire, ces propagateurs du Bien. Triste parenthèse qui aura bien du mal à se refermer, comme une plaie persistante. Poisseuse actualité.
 

 
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Washington livre des bombes à Israël ( ++ Nouvel Observateur )
 
 
 
 
 
 
Il a déclenché depuis quelques jours sa campagne “nous sommes dans la Troisième Guerre mondiale” comme on lance une marque de savonnette.  »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Deux attentats suicide en Afghanistan (Reuters – Libération)
 
 
Risque de guerre en Somalie (Nouvel Observateur)
 
 
 
 
See U
 
 
CC Jung
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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