La folie du Grand Nord

Publié le par cc jung in effect

Canadada
 
Quel merveilleux outil que le Net qui permet d’aller pêcher des informations à l’autre bout du monde, une véritable plongée parfois dans un univers étrange et étranger. Sans trop savoir comment, au hasard des pérégrinations électroniques, on peut se retrouver au Canada, avec ses fées d’hiver surréalistes.
 
Au départ, il s’agissait de vérifier une dépêche, de suivre le fil conducteur pour remonter la source d’une information, de liens en liens, comme un équilibriste du cirque de Pékin, un funambule de la toile, une araignée fouineuse à la recherche d’une proie palpitante. C’est ainsi que l’on bascule, subrepticement, de pages en pages, de clics en clics, avant d’échouer sur un site portail canadien, Canoë. Le dépaysement est garanti : nous voilà embarqués pour une virée à grands coups de pagaies dans les lacs glacés, les noms à consonances indiennes (Pohénégamook) qui fleurent bon l’aventure et les chiens de traîneaux, les centimètres de neige prévus par la météo, avant de brusquement s’arrêter devant un titre en apparence surréaliste. Le titre qui titille, de quoi ôter ses moufles pour creuser dans la neige fraîche le nouveau filon, incrédule. Bienvenue dans l’univers déjanté des faits divers canadiens.
 
Lieu : « Chaudière-Appalaches »
 
Chaudières-Appalaches, la poésie du Grand Nord, les chaînes de montagne noyées dans la brume, les caribous, la chaleur de l’accueil de braves trappeurs bourrus, bourrés, ébouriffés et emmitouflés dans le grand manteau neigeux des rudes hivers. Et puis, on lit la suite…
 
Titre : « Saint-Henri: un forcené rase un bar avec une pelle chargeuse »
 
On savait les bonhommes des neiges un peu gauches sur les bords, un peu grizzlis dégrisés et même plutôt « sans-façon » mais de là, à attaquer le zinc à la pelleteuse, on se dit qu’ils partent sévères à l’anti-gel, qu’ils se rincent le gosier à autre chose qu’à la poudreuse et qu’ils ont des manières d’ours mal léchés. Un forcené, une force née sans doute d’une légitime colère, rase un bar avec une pelle chargeuse. Il devait, en effet, être chargé le type, c’est à la pelle qu’il a dû s’en enfiler. Pourquoi le courroux a fusé (ailleurs qu’en Guyanne) ? Le verre de trop que la patronne n’a pas voulu verser ? Trop de pressions dans ce bar ? La serveuse aguicheuse aurait catégoriquement refusé qu’il lui roule une pelle chargeuse et baveuse ? Pas du tout !
 
 
 

Mécanisme fractal

 
 
 
 
 
« Chaudière-Appalaches »
 
« Saint-Henri: un forcené rase un bar avec une pelle chargeuse »
 
« À Saint-Henri, dans les Chaudière-Appalaches, un bar a été détruit par un homme qui est monté à bord d'une pelle chargeuse (drôlement remonté même…) et qui a foncé dans l'établissement.Le bar « Chez Constance » a été complètement rasé vers 4h dimanche matin (par l’inconstant client sans circonstances atténuantes). Personne ne se trouvait à l'intérieur, l'endroit étant fermé (logique toute relative, on peut également s’enfermer). Selon nos informations, l'homme de 37 ans, visiblement troublé (apparemment oui…), avait l'intention de démolir la totalité des bars de la municipalité (un évangéliste intégriste « born again » de la ligue anti-alcooliques ?).
 
C'est un voisin qui a entendu du bruit et a alerté la police. L'individu a été arrêté au volant de la chargeuse (au volant, c’est quand même plus pratique pour manœuvrer le bestiau), alors qu'il s'apprêtait à démolir un autre établissement. Il aurait volé le véhicule lourd (une charge de plus pour le démolisseur en série) dans un commerce. Certaines informations laissent entendre que l'individu craignait d'être victime de représailles de la part de motards ( ??????????? Et maintenant, voilà l’irruption d’un gang de motards ? Il craint les foudres des motards alors il décide de raser tous les bars ?Pas de bars, pas de motards ?). L'interrogatoire des policiers devrait permettre d'en apprendre davantage sur les circonstances entourant les événements. "
 
 
Un fait divers révèle sans doute beaucoup sur la société en question mais quand il s’accompagne d’un zeste de vieux français, d’un évident sens du dadaïsme appliqué au sordide quotidien et d’une poésie macabre et exotique, il s’élève au rang de la nouvelle, du happening et de l’Haïku. Si vous avez toujours voulu tout savoir sur le sirop d’érable, l’art difficile du capotage, l’affaire des faux terroristes du métro, l’anniversaire tragique du quinquagénaire, les cas de rage… au volant, la bactérie mangeuse de chair, la terrible sanction du chauffeur condamné à trois ans de…collectivité et la disparition du train-routier, voici une liste de liens qui sont autant de cartes postales hallucinantes.
 
 
Liens :
 

Une érablière brûle

 
 
 
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CC Jung
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Publié dans D k Lé

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