Pas d'escale tropicale pour Nicolas

Publié le par cc jung in effect

La compagnie créole
 
Nicolas Sarkozy ici, Nicolas Sarkozy par là, dans les médias, à la télévision, dans les blogs, à la radio, rien ne semblait pouvoir résister à la déferlante communication du grand timonier. Un brin fataliste, ses détracteurs ne pouvaient qu’observer la maigre riposte, sporadique et mal relayée par les médias, se perdre dans le brouhaha démagogique. Et pourtant, quelques signes encourageants commencent à apparaître.
 
Un plaisantin sans doute. Le DJ n’a aucune idée de celui qui planifie le blitzkrieg médiatique du grand Nicolas mais assurément, ce dernier semble un fieffé coquin doublé d’un farceur impénitent. Programmer une tournée supposée triomphale dans les Dom-Tom quelques jours après la promulgation d’une loi sur les bienfaits de la colonisation relève du gag gigantesque et presque de la faute de goût (lien).
 
Malgré son stupéfiant charisme et son art consommé des formules chocs, le futur président de la République aurait sans doute eu bien du mal à dire du bien d’une loi qui nie même la mémoire collective des Antillais. Nombre d’entre eux sont en effet des descendants d’esclaves, ces vacanciers que l’état colonial a transbordé d’un continent à l’autre (gratuitement, bon prince…) pour goûter aux douceurs tropicales de la farniente lascive au bord d’une mer turquoise. Nombre d’entre eux habitent également les cités de la joie banlieusardes où les contrôles de police et les matraques broient du noir sans réelle distinction mais avec une application réelle.
 
 
 
Fractale du baiser
 
 
 
 
 
« Sordidement raciste »
 
Premier signe…Le grand Aimé Césaire, le patriarche, a donc refusé de recevoir le porte parole même de ce qu’il a combattu toute sa vie par ses sublimes et pénétrants écrits, par sa noble attitude et la justesse de ses propos. Cité par Libération (Lien), son commentaire à propos de l’Etat d’urgence promulgué en 1953 reste d’une étonnante et brûlante actualité : « Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste… ». Une prose à des années lumières neuronales des élucubrations de ce qui est sensé nous servir désormais d’honorable « intelligence française », de Finkielkraut à Catherine Nay sans oublier le merveilleux Grosdidier.
 
Dans le même article sur le génial « indigène », Libération nous apprend en passant que « Lutte Ouvrière », le groupuscule des révolutionnaires des assemblées générales, qualifiait dimanche (lors de son congrès) les émeutes de banlieue, de « révolte d'asociaux ». Une brillante analyse pour ce parti dit populaire, des mots que l’on aurait imaginé dans la bouche d’autres tribuns situés également à l’extrême mais à l’opposé sur l’échiquier glissant des sensibilités politiques. Extrémistes de tous les bords, unissez-vous pour le grand soir.
 
 
 
 
Fluides
 
 
Les policiers sont piégés eux-mêmes
 
 
Deuxième salve encourageante ? Non, le CNRS ne produit pas que des colloques, des rapports et des publications de type « analyse comportementale des fluides éthérés plongés dans une atmosphère ionisante sous impulsion électromagnétique constante ». Le CNRS, par la voix éclairée de Laurent Mucchielli (chargé de recherches, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales), livre aussi des réflexions accessibles au grand public par le biais d’une interview donnée au Nouvel Observateur (Lien).
 
« Il y a là un cercle vicieux qui s’est installé depuis des années, dans lequel les policiers sont piégés eux-mêmes et que personne n’a le courage politique de dénoncer comme tel car cela supposerait une réforme profonde des façons de faire la police en France.
A cette humiliation économique et à ces humiliations quotidiennes dans les relations avec la police, s’ajoute enfin l’humiliation politique et symbolique globale qui ressort des propos du ministre de l’Intérieur traitant les gens de "racailles" et de "voyous" à tout bout de champ.
 ».
 
Des paroles pleines de bon sens extraites d’un article non moins passionnant intitulé  "La théorie du complot de Sarkozy est un leurre ". Un complot qui à l’air de leur plaire aux français puisqu’ils semblent y adhérer (à l’UMP ?). Les sondages le disent mais il s’agit peut-être d’un complot, c’est une théorie comme une autre.
 
Troisième motif de satisfaction journalière, les propos sans ambiguïtés de Dominique de Villepin qui en a en effet du pain sur la planche puisqu’il passe son temps à attiédir l’atmosphère chauffée à blanc par les nostalgiques des bons pères blancs, de la gégène tricolore et autres zélés zouaves (Lien).
 
"Je pense que ce n'est pas son rôle, donc il faut en tirer les conséquences dans ce cas présent ou dans d'autres cas. Ne nous laissons pas entraîner sur ce terrain d'une réécriture de l'Histoire et de la mémoire. Il n'y a pas d'histoire officielle en France" a déclaré le premier ministre. Les mots sonnent juste et frisent la correctionnelle puisque évoquer « une réécriture de l’histoire et de la mémoire » signifie, de facto, reconnaître son aspect révisionniste. "C'est à l'Inspection générale de l'Education nationale de faire les programmes et les enseignants sont libres dans le cadre de ces programmes de leur enseignement" précise encore Villepin. Cela ressemble à s’y méprendre à une séance de rattrapage pour les cancres de la République qui sont hélas, majoritaires.
 
 
 
Liens :
 

Nicolas Sarkozy reporte son voyage aux Antilles

 
 
 
Aimé Césaire, l’indigène
 
 
 
 
"La théorie du complot de Sarkozy est un leurre"
 
 
 
 

Dominique de Villepin remet en question la loi de février 2005

 
 
 
 
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Cc jUNG
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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H
Qui du Sarkozy s'extrémisant ou du Villepin se recentrant aura les faveurs des Français, difficile à pronostiquer... Merci pour ces liens utiles.
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