Virus de type N
Versatile
Les professionnels de la sécurité informatique nous annoncent que l’épidémie de vers de type « Sober » est en train de se propager à la vitesse de l’ADSL triomphant. Le concept même de cette propagation mérite un examen attentif.
« D'après les statistiques de Sophos, un courriel sur 17 serait infecté par la variante récente de Sober qui se présente comme un avertissement du FBI ou de la CIA, ou comme une vidéo de Paris Hilton » indique un article du site spécialisé, « Branchez-vous ». Kézako « Sober » ? Non, il ne s’agit pas de l’écurie de Formule 1 même si le virus se répand à vitesse grand V. Il s’agit tout simplement de la énième variante d’un virus informatique qui, tout comme les virus du Sida ou de la grippe aviaire, subit des mutations pour passer entre les mailles du filets ou… les mails dans ce cas précis.
Tout comme les virus pathogènes, le virus informatique profite des failles d’un système de sécurité pour coloniser son hôte et en prendre possession afin de se dupliquer via des listes de diffusion et les contacts répertoriés (il en est de même pour la propagation du virus du… Sida). Le génie humain de l’hacker rejoint ici l’infinie et mystérieuse intelligence de ces formes de vie (virales) que l’on a même retrouvé aux confins de la galaxie. Rien n’est jamais nouveau mais tout est un renouveau permanent.

Mais, revenons sur terre… « Sober.Z dans sa nomenclature - était le virus le plus intercepté sur la Toile mondiale avec 61% des signalements » nous apprend l’article en question. Lui et ses variantes se démultiplient à l’infini comme une armée exponentielle de mutants, filant le long de la fameuse autoroute de l’information, avalant des millions de kilomètres de fibres optiques en kamikazes aveugles, à plein gaz.
« L'asticot est responsable de 81% des interceptions de virus et que pas moins d'un courriel sur 17 », quel symbole mortifère que cet ombilic codé ! Sober Z et Sober Y, des immigrants clandestins, ont réussi là où d’autres ont échoué sur les barbelés de l’indifférence grégaire. « L’invasion a déjà commencé » diraient De Villiers, Sarkozy ou Le Borgne.
Quels enseignements en tirer ? L’ADSL et l’accélération du flux de l’information rendent de plus en plus inévitables ces fulgurantes épidémies. Autre enseignement (plutôt jouissif pour les partisans de la vraie vie, celle du dehors et des gens), ceux qui se calfeutrent dans le douillet confort du tout informatique en pensant ainsi être protégés des turpides d’un monde hostile et menaçant, sont la proie de ces asticots du réel qui viennent les chatouiller dans leur plus profonde intimité informatisée. Nul n’est à l’abri de la grouillante propagation du mal !

Ultime réflexion maintenant que l’écran vacille en crépitant, que les commandes deviennent irrationnelles, que l’anti-virus high-tech « garanti contre toutes les menaces » (pour Al Quaeda, le DJ fait confiance à la CIA…) clignote des messages d’alerte maximale, juste une petite minute pour réfléchir au mode de transmission…
Là encore, le concepteur du vers, un poète sans doute, a sans doute une bonne connaissance des ressorts de la psyché humaine et de la paranoïa ambiante, post 11 septembre. Comment piquer au vif, comment piéger le surfeur si ce n’est en jouant sur deux registres de la psyché humaine ? Deux socles majeurs des sociétés judéo-chrétiennes, l’angoisse, la culpabilité et le sacro-saint désir. Le virus utilise donc ces deux appâts pour le pêcheur numérique.
La peur ! « Vous êtes suspects » dit le mail officiel des agences tant redoutées. Rattrapé par les cyber-patrouilles du FBI et de la CIA, Big Brothers du conditionnement mental et totalitaire, ceux qui sont toujours là sans jamais se montrer, enfin, c’est ce qu’ils espèrent vous faire croire. La tuile ! Je suis fait comme un rat !
Les internautes qui cliquent pour voir (comme au poker menteur ? ) et déjà se défendre des accusations électroniques d’une agence fédérale omnisciente tel un Dieu, s’estiment des coupables en devenir. Triste paranoïa induite. On a tous quelque chose à se reprocher sans doute.

L’autre ressort est plus classique, il est même le carburant de la dynamique humaine comme disait Bergson, la sexualité. Ici nous avons affaire au désir et surtout au voyeurisme, celui des gens qui regardent ce qu’ils ne sont pas capables de faire. La friandise ? Les frasques croustillantes de Paris Hilton et de sa comparse télévisuelle. Une absurde futilité cathodique et anecdotique assez tentante pour oser le dé-clic fatal, le même qui fait zapper sur les programmes de TF1 ou voter Le Pen en masse.
Le prochain virus informa…tif est redoutable. Déjà en circulation, il enfreint tous les codes y compris celui de la route nous dit la presse du jour. Il a déjà infecté tous les médias, des journaux aux blogs en n’oubliant surtout pas la télévision où il sévit depuis un moment. C’est un asticot énervé de type « Sarko N ». Un vicieux carbone d’épidémie brune, un palimpseste usagé. On attend avec impatience le patch… de sécurité.
Article original :
La percée du dernier « Sober » maintenant qualifiée d'épidémie
Plus :
Le cybercrime rapporte plus que la drogue
http://permanent.nouvelobs.com/multimedia/20051129.OBS6869.html
Nouvelles des virus :
France : le SIDA en pleine recrudescence
http://www.liberation.fr/page.php?Article=340747
La grippe aviaire touche officiellement le Canada
http://lcn.canoe.com/lcn/sciencesetmedecine/sciences/archives/2005/11/20051119-171543.html
See U
CC Jung
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