Ballon dégonflé

Publié le par cc jung in effect

La Berlue
 
Silvio Berlusconi vient, encore une fois, de défrayer la chronique, en annonçant qu’il était une cible potentielle pour les kamikazes en herbe. Surprenante révélation. Priez pour lui !
 
 
La nouvelle est tombée ce matin sur les télescripteurs fébriles des rédactions, comme un coup de massue. Le grand Silvio Berlusconi, phare de la civilisation, serait en grand danger. « Je suis la cible d'une menace directe. D'un kamikaze dans un stade qui me viserait. Mais là n'est pas la question. Ce qui est en jeu c'est l'Italie… » a déclaré le charismatique trublion accréditant l’hypothèse, longtemps contestée, que l’Italie… c’est lui.
 
Ainsi, d’affreux conspirateurs ourdissent dans l’ombre de terribles machinations pour attenter à la vie du flamboyant chef de parti italien.(Forza Italia). Le sinistre méfait serait commis dans un stade de football, par un kamikaze. On savait les stades italiens plutôt malfamés, des fascistes de la SS Lazio aux Ultras de la Juve en passant par les groupuscules d’extrême droite mais de là à imaginer, qu’un terroriste kamikaze se glisserait parmi eux, cela personne ne l’avait encore envisagé.
 
Plusieurs hypothèses sont crédibles dans cette configuration de match. Il s’agira premièrement d’une rencontre mettant en scène son équipe, le Milan AC ; Pour cause de diffusion planétaire et donc de plus grand retentissement, il s’agira sans doute d’un sommet du Calcio ou d’une rencontre de Ligue des Champions. Comment vont s’y prendre les affreux mécréants ?
 
 
 

Mine personnalisée

 
 
 
Première solution, le coup-franc mortel. S’arranger pour obtenir un coup franc, assez près, dans l’axe des tribunes d’honneur. Provoquer ensuite une petite altercation entre joueurs, une diversion, pour remplacer le ballon étoilée d’Adidas par une subtile copie truffée d’explosifs. Le tireur de coup franc, compagnon occulte d’Al Quaida (il a effectué un voyage au Pakistan pour son équipementier, un signe) devra viser et tirer. La bombe volante, guidée depuis l’Afghanistan par les satellites de Ben Laden (CNN avait finalement raison, ils existent !), s’écrasera dans la tribune présidentielle en explosant.
 
Deuxième solution, la coupe. Lors de la remise d’une coupe quelconque, un joueur que les critiques des quotidiens sportifs de référence trouvaient étonnamment empâté, devra s’approcher de Silvio en le félicitant pour ses repousses capillaires puis déclencher sa ceinture abdominale et non ses bourrelets de graisse comme l’on supputait déjà (excès de pâtes, de créatine, mauvais dosage du docteur Ferrari si cher à Armstrong ?). 
 
Troisième solution envisagée par les services, l’hôtesse de la mort. Grand amateur de femmes, Silvio avait depuis un moment remarqué cette affriolante hôtesse d’accueil dans les luxueuses loges de San Siro. Belle, brune, bronzée à souhait, plutôt exotique. Cette plante tropicale accaparait son regard gourmand, et ce, malgré le subtil but de l’égalisation de Clarence Seedorf, un lob de 90 mètres, en retourné acrobatique tout en faisant le v de la victoire et en montrant le logo du sponsor principal pour le parterre de photographes accrédités.
 
La tentation est trop forte pour « Il Cavaliere » qui flashait lui sur deux obus cuivrés. D’un signe de tête subtil, il convoque la créature caramel, arborant son franc sourire de bonimenteur méridional. Tragique erreur. En fait d’hôtesse, il s’agit d’un kamikaze pakistanais transsexuel et ses deux appendices poitrinaires bien en évidence sont en fait des charges dynamiques sensibles à la moindre pression amicale. Un piège mammaire et non un cadeau de Noël.
 
Quelle cruauté et quels maladifs esprits peuvent concocter d’aussi sinistres scénarios de mise à mort du grand Berlusconi, un pacifiste forcené, un honnête et pieux travailleur, infatigable défenseur de la paix (cité 425 fois pour le prix Nobel selon la Rai Uno). Ce personnage politique intègre et vertueux se présente comme "un dirigeant qui a tenté de toutes les façons possibles de prévenir la guerre, qui n'a agressé personne et qui n'est pas en guerre ». Loué soit le saint homme qui pressentait le chaos et la destruction, lui l’inusable pèlerin au catogan.
 
 
 

L'Empereur du Sud

 
 
 
 
Les 3000 militaires envoyés en Irak pour épauler la Coalition ne sont pas des vrais combattants, au sens guerrier du terme. Il s’agit d’une grande troupe théâtrale qui comporte des Vénitiens pour apprendre le difficile art de la navigation en gondole sur le Tigre, des compositeurs de romance pour égayer les ennuyeuses soirées sans électricité à Bagdad, un fort contingent de cuisiniers pour les journées du goût en Mésopotamie, des actrices de charme de Cinecittà au chômage pour vanter les mérites de la Dolce Vita et de très nombreux marchands de glace à la crème pour lutter contre les températures caniculaires sous ces latitudes bruyantes (cette manie des pétards, quelle calamité !).
 
En somme, rendre la démocratie plus confortable sur un air d’opéra baroque, une glace à la main, le regard plongé dans le noir charbonneux des yeux d'une créature aussi chaude que le Vésuve. Quel homme affable me direz-vous, pourquoi donc persécuter ce bienfaiteur du peuple irakien ? Par jalousie et méchanceté serait-on tenté de répondre spontanément. Face aux menaces très précises d’attentat, Berlusconi ne renie en rien ses engagements antérieurs, affirmant haut et fort ses convictions profondément ancrées. Un roc ! Que dis-je, une péninsule à lui tout seul !
 
« C'est une force de maintien de la paix sous l'égide de l'Onu », plaide encore Il Cavaliere dans son interview au quotidien Libero, ne cédant sous aucun prétexte au chantage et à la menace larvée. Si la paix est à présent revenue sur les rives chatoyantes du Tigre, c’est grâce aux bons offices du président du Milan AC et de ses trois mille troubadours.
 
Les dérives de la Foi mal assimilée font décidément bien des ravages dans les cœurs des hommes dépravés. En témoigne cette publicité anodine parue dans une revue catholique italienne qui montrait une paire… de fesses voilée (lien). Les lecteurs préfèreraient que l’on tire cela au clair sans doute. Tout comme cette histoire de larme sur une statue de la Vierge à Ho Chi Minh-Ville (lien). Miracle parmi les miracles glapissent les bienheureux croyants tandis que de vils contradicteurs répondent mousson, pluie, infiltration ou commission d’un pigeon voyageur. La sainte Eglise (aux USA) est désormais contrainte de hanter les bars enfumés pour convaincre les ivrognes du bien-fondé de l’hostie et des saints sacrements autour d’un verre (lien).
 
 

Dévotion

 
 
 
 
"Nu mais sans honte" (bar de l’Amicale Nudiste des policiers gays et neurasthéniques du New-Hampshire ?) s’intitule la première tournée de discussions avant d’enchaîner par la "Vêtu d'amour" (dans un bar à strip-tease ?), "Pas facile d'être catholique aujourd'hui" (bar de l’association des Catholiques anonymes ?) puis "Perdu dans le vague" (Soirée Vodka à gogo ?). Là, il sera plus que temps de rentrer pour les ouailles avant que cela ne fasse plus mal à la tête.
 
 
 
Liens :
 
Silvio Berlusconi assure être la cible d'un kamikaze
 
 
 
Polémique sur une pub de nu dans une revue catholique italienne
 
 
 
Une "larme" sur une Vierge à Ho Chi Minh-Ville affole les fidèles
 
 
 
Catéchisme de comptoir
 
 
 
 
See U
 
 
CC Jung
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Publié dans Omegactualité

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