Irak : un génocide silencieux à défaut d’une démocratie rutilante

Publié le par cc jung in effect

Les nouvelles d’Irak sont exécrables pour l’administration Bush, la violence ne fait que progresser, les insurgés s’enhardissent chaque jour un peu plus et le bilan des victimes civiles atteint des sommets d’horreur. Qu’à cela ne tienne, le président des USA s’avoue confiant et parle bien sûr de victoire prochaine en ignorant les tracasseries parlementaires des Démocrates et cette opinion publique défavorable à la poursuite de la périlleuse aventure. Mieux, il vient de gracier son ami Libby comme tout empereur magnanime. Le voile de la pseudo démocratie américaine se déchire lentement mais sûrement sous la bannière étiolée et le mépris des institutions républicaines s’affiche ouvertement. Les illusions démocratiques se sont ensablées dans le désert irakien et seule la soif pétrolière sert à présent de boussole politique.
 
C’est un cauchemar qui n’en finit plus, une inéluctable et terrifiante plongée dans les ténèbres, une apocalypse lente et monstrueuse noyée dans une mare poisseuse de sang, un terrible mensonge englouti dans un magma de métal déformé, de feu et de poudre. Quelque chose entre l’enfer de Dante et le cri muet de Munch. Voilà très précisément les images qui viennent à l’esprit après près de trois semaines de lecture attentive de toutes les nouvelles provenant de l’Irak regroupées ici sous l’appellation contrôlée des « bienfaits de l’Empire du bien » (liens). Des nouvelles que l’on écoute distraitement même si de rares journalistes risquent leurs vies pour nous les colporter en dépit des nombreux « avertissements » (149 journalistes tués depuis le début de la guerre d’Irak, un macabre record - liens dans la même rubrique). Bienvenue au pays de la « démocratie forcée », ce grand Irak enfin débarrassé du fardeau d’une dictature sanguinaire (Saddam Hussein) pour mieux accueillir le progrès absolu que constitue l’occupation par une armée étrangère, le pillage éhonté des ressources locales et un génocide effroyable en cours. Comment qualifier autrement ce qui se déroule en ce moment en Mésopotamie, les chiffres parlent et l’échelle de grandeur des victimes civiles se rapproche inéluctablement de l’indicateur absolu que représente le drame rwandais qualifié unanimement de…génocide. Voila les premiers effets et méfaits de « l’empire du Bien », cynique plaisanterie d’esprits tordus qui ne risquent rien pour l’œuvre accomplie tout comme ils n’ont jamais rendu le moindre compte pour les bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, les atrocités de l’agent orange au Vietnam et tant d’autres crimes contre l’humanité perpétrés depuis des décennies.
 
 

Sanglante fractale by DJ CC Jung

Marseille et Montpellier réunis dans une immense fosse commune
 
 
Un génocide en Irak ? Le sujet est sensible et sensiblement...peu traité par la presse européenne, il ne s’agit pas d’appuyer là où cela fait mal ou de mettre mal à l’aise le puissant allié complètement dément. Quid du calvaire de la population ? Comment souvent, seuls quelques sites spécialisés se sont faits l’écho de ces informations qui disent le carnage irakien et la folie absolue de cette campagne militaire fallacieuse basée sur une suite hallucinante de mensonges. Ainsi le Réseau Voltaire relaye les résultats d’une étude statistique publiée par la très sérieuse revue britannique Lancet en octobre 2006 qui fait état du chiffre de près de 10 000 civils tués par mois (lien). Soit l’équivalent d’une petite ville qui est rayée de la carte tous les mois, pas de quoi alerter l’opinion publique, pas de quoi provoquer des défilés et des manifestations ni la moindre moue des instances internationales de type ONU, HCR et compagnie. A ce rythme effréné, le chiffre approximatif et déjà monstrueux de 650 000 victimes civiles publié l’année dernière par les ONG est devenu rapidement obsolète, le million de tués approche inéluctablement (lien De Defensa) tandis que le silence de la communauté internationale se fait de plus en plus épais et…insupportable. C’est approximativement Marseille (800 000 habitants) et Montpellier (200 000 habitants) réunis dans une immense fosse commune… Voilà le vrai bilan de George Bush et Tony Blair (que l’on vient de nommer émissaire du Quartet au Moyen-Orient, une blague douteuse et un funeste présage) et la réalité d’une campagne militaire défendue si âprement par notre nouveau ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner (voir « Ephémère empire », ressources du site)…
 
A ce stade de la réflexion, il est utile de rappeler que le démembrement du puissant Irak (planifié dans les années 60) a toujours été une des obsessions majeures du cartel des néo-conservateurs du Pentagone et de Tel-Aviv dans le but (stratégique) de laisser le puissant Israël régner en maître et en toute quiétude sur ses sujets arabes du Moyen-Orient. Les manœuvres répétées pour diaboliser cet Iran qui monte en puissance et fournir le prétexte d’une guerre "préventive", procèdent de la même analyse. La thèse de l’opération qui tourne mal et d’une déliquescence subie et non voulue par l’occupant américain est à écarter d’emblée même si le carnage et l’implosion du puissant pays sont bien évidemment attribués à la si pratique multinationale d’Al Quaida (lien AFP). La brutalité de l’occupation ne fait qu’ajouter une touche d’horreur supplémentaire au tableau planifié. Le témoignage accablant de quelques militaires revenus de l’enfer illustrent assez bien les méthodes de l’occupant et ses manières de cow-boy que les Peaux rouges ont amèrement appréciés à l’époque (lien Libé Blog). Une armée US mal entraînée, de plus en plus exténuée par le faible taux de rotation et gagnée par la démotivation, est une armée qui se délite. Une légion de soudards de plus en plus composée de renégats, de taulards et d’adolescents à peine pubères (lien Courrier international), voilà la garantie de dérapages incontrôlés comme Abu Ghraib et tant d’autres lieux où la démocratie s’exerce joyeusement (liens Nouvel Observateur – Le Monde)
 
 

Illusion by DJ CC Jung

 
 
Enclencher le cycle infernal de vendettas
 
 
Sachant que la généreuse winchester d’autrefois est aujourd’hui remplacée par les blindés, l’aviation et les bombes au phosphore comme à Falluja (lien Le Grand Soir), rien d’étonnant au fait que les chiffres soient aussi monstrueux si l’on ajoute à ceci, les escadrons de la mort parfois armés par l’occupant ou l’Iran, la pléthorique armée de mercenaires (lien Mondialisation), le contre terrorisme (Zarquaoui and Co), les terroristes de tous bords, les milices d’autodéfense et les kamikazes qui s’explosent en plein marché bondé de monde. Pour couronner le tout (une couronne mortuaire certainement), on ajoutera une guerre civile que l’on a pris soin d’allumer en faisant littéralement exploser quelques symboles séculaires de la concorde nationale comme la mosquée de Samarra (lien AP) ou celle près de Bassorah (lien Libération), en téléguidant tel ou tel attentat ou en armant telle ou telle milice pour enclencher le cycle infernal de vendettas. Un exemple ? Après avoir fourni des armes aux milices chiites pour combattre les insurgés sunnites, les forces US arment à présent…les milices sunnites pour combattre les milices chiites (liens Le Monde – Le Figaro). On arme tout le monde, on commandite des attentats sanglants qui appellent à la vengeance et on constate les dégâts en accusant Al Quaeda, l’Iran (lien AFP sur les 26 terroristes tués liés à l’Iran) et les pays avoisinants d’implication dans ce bourbier constamment arrosé.
 
Plus de trois années après la fin officielle des hostilités et le barnum naval de George Bush annonçant que le job était accompli et que l’Amérique était décidemment une nation de héros à la sauce hollywoodienne, le constat d’échec est cinglant. Bien évidemment la « démocratie forcée » est une farce tragique et un concept de pure communication à l’intention des opinions publiques occidentales mais les différentes raisons avancées plus tard pour justifier le pillage pétrolier ne résistent pas une fraction de seconde à la réalité du terrain. Après les armes de destruction massive introuvables, il était donc question du « chaos constructif » pour instaurer un élan démocratique dans ce Moyen-Orient dirigé par une multitudes de dictateurs mis en place par les…USA comme Saddam Hussein par exemple… Puis il était question ensuite de combattre ce poison du terrorisme attisé justement…par l’occupation américaine en Irak. Là également la réussite est totale puisque le pays s’est transformé en un nid de vipères venimeuses où grouillent les terroristes islamiques avides de croiser le fer avec le grand Satan. Le symbole affolant de l’échec de Bush et sa cohorte d’illuminés médiocres est Bagdad. Il est effarant de constater que le contingent US et ses supplétifs ne maîtrisent qu’à peine un tiers de la ville après plus de trois années d’occupation (lien Reuters), un aveu hallucinant. On peut effectivement dire que l’administration Bush n’a pas atteint ses objectifs, c’est un doux euphémisme de la Novlang pour masquer un fiasco retentissant (lien Mondialisation).
 
Rappelons quand même à ces imposteurs habiles et ses piètres stratèges que la campagne irakienne a été « vendue » par le cercle des « néo-cons » comme un hold-up pétrolier parfait qui serait réglé en quelques semaines avec le démembrement du pays en sus pour mieux gérer les ressources pétrolières avant de s’attaquer au morceau suivant, l’Iran. Comme l’a noté Emmanuel Todd dans son essai incontournable (« Après l’empire »), les USA sont un monstre de papier qui s’agite comme un beau diable pour donner l’illusion du mouvement et de la puissance et surtout pour masquer ses innombrables failles et faiblesses structurelles. Selon le même essayiste, on mesure la puissance impériale au choix de ses conquêtes et à la réussite des opérations. Le fameux Empire surpuissant s’est en effet attaqué à la proie la plus facile et la plus tentante qu’il a fait enfler pour le besoin du casting (l’armée irakienne, quatrième au monde, une blague). L’Irak, secrètement poussée par ses mentors américains, est sortie de l’interminable guerre contre la nouvelle république islamique iranienne, ruinée et militairement affaiblie. Il faut dire que les mêmes inspirateurs aidaient secrètement l’ennemi commun supposé (scandale de l’Irangate) pour mieux saigner à blanc ces deux puissances régionales. Diviser pour régner toujours. Après 10 années d’embargo ensuite qui ont permis au matériel militaire de pourrir et de rouiller dans les hangars, l’Irak n’avait absolument plus les moyens et l’impulsion nécessaire pour résister à l’envahisseur et se battre pour préserver le sort d’un dictateur sanguinaire (Saddam Hussein). C’est ce pays démantelé et sans armée (400 000 hommes démobilisés à la fin officielle de la guerre) que la plus puissante armée du monde n’arrive pas à pacifier et à faire plier, on est prié d’applaudir la prouesse impériale.
 
 

Noir dessein by DJ CC Jung

 
 
Une faramineuse et historique folie
 
 
Pire, les USA se trouvent pris dans un piège qui ressemble à un collet ou un nœud de pendu. Plus ils se démènent pour tenter de sortir du bourbier irakien et plus ils s’y enfoncent, un cauchemar pour l’état-major et les responsables politiques qui coulent avec le rutilant tanker des ambitions de l’empire de pacotille. C’est effectivement « l’hécatombe pour les faiseurs de guerre » et personne ne s’en plaindra (lien Mondialisation). Comme tous les mois, une énième offensive dite décisive contre les insurgés vient d’être lancée au sud de Bagdad (lien le Monde) mais elle ne fera pas mieux que les autres, elle déplacera tout juste la menace vers un autre secteur avant que l’étau se referme à nouveau sur les troupes d’occupation. Ces plans décisifs qui s’enchaînent et échouent, les débordements de la troupe dépassée par les évènements, le pourrissement de la situation, la toujours plus grande sophistication des pièges posés par l’ennemi, la population qui apporte son soutien aux résistants, tout ceci à un air de déjà-vu, le Vietnam bien sûr… La construction d’une immense ambassade bunker à Bagdad, le coût faramineux de la guerre en Mésopotamie (liens De Defensa – Le Monde) et l’annonce d’une planification militaire pour les dix prochaines années (lien Nouvel Observateur) ne plaident pas pour un retrait rapide du théâtre d’opérations en dépit des gesticulations d’un Congrès dominé par les Démocrates. Cet inextricable piège, cette équation insoluble que pose l’Irak que l’on devrait fuir à toutes jambes mais que l’on peut délaisser tant son intérêt est devenu hautement stratégique, s’annonce déjà comme une faramineuse et historique folie de Bush et de ses princes des ténèbres.
 
Toutes ces mauvaises nouvelles qui racontent une guerre et des illusions perdues, cette litanie d’attentats meurtriers et de GI’s fauchés par les bombes, ces sommes folles dépensées pour faire perdurer un désastre, cette opinion publique qui rejette violemment cette campagne militaire aventureuse (lien Reuters sur le niveau jamais atteint de l’opposition à la guerre dans les sondages), voilà autant de bonnes raisons fournies aux « néo-cons » pour…persister dans l’erreur. Exactement comme au Vietnam, les détraqués du Pentagone assurent justement que la victoire se profile au milieu de ce tableau apocalyptique et qu’il ne faut surtout pas partir maintenant (lien De Defensa). Les éditos du New York Times qui affirment que la cause est perdue et qu’il est grand temps de stopper cette folie manifeste (lien Le Monde – AFP), la guérilla parlementaire des Démocrates, l’impopularité record de George Bush, la violence qui repart de plus belle sur le terrain (lien Reuters) ne devraient pas faire bouger le lourd appareil militaro-industriel d’un pouce sur la question.
 
 

Le piège by DJ CC Jung

 
 
Cette victoire imminente…qui tarde à arriver
 
 
Ne nous leurrons pas, les vrais décideurs se cachent dans l’ombre et se contentent d’agiter cette marionnette texane qui prend des coups et fait avaler bien des bretzels à la plèbe. C’est bien ce complexe qui a non seulement décidé de mettre Bush derrière le bureau ovale en truquant notoirement les élections mais c’est le même cénacle qui a ensuite habilement géré la « divine surprise du 11 septembre » (liens Voltaire sur le 11 septembre) pour disposer de l’argument idéal pour accélérer son pillage planétaire. Tout le reste, la « première démocratie » au monde, le pseudo contre-pouvoir de la presse et de l’opinion publique, les élections et tout le toutim ne sont que le mur d’illusions courant car la seule véritable variable de l’équation irakienne est la suivante pour eux : avons-nous fait définitivement main basse sur la manne pétrolière et les gigantesques profits qu’elle génère (lien Voltaire sur les majors en Irak) ? Bush peut donc afficher son mépris de la justice (affaire Libby, liens Mondialisation – AP) et continuer à pérorer sur cette victoire imminente…qui tarde à arriver (lien AFP), il n’a plus rien à perdre puisqu’il a accompli ses deux mandats possibles et rempli en partie le cahier des charges établi par ces « obligés » (complexe militaro-industriel, cercle des « atlantistes », lobbys pro israélien et pro évangéliste, etc.).
 
Toujours à propos de l’Irak, c’est sur le mode jubilatoire que l’on a accueilli le retour du bon vieux Ben, le coucou suisse à l’accent saoudien qui est tombé à pic dans cette histoire de « peak oil » et d’avions téléguidés. Le barbu le plus célèbre, complètement dévalué sur le marché encombré des imposteurs, vient d’être remis en selle pour faire tourner le grand manège comme une inusable mule de chercheur d’or au moment où George Bush a besoin d’un épouvantail pour faire diversion (lien le Monde). A coup de dumping surréaliste (le doublement de la prime pour sa capture, 50 millions de dollars pour un hologramme plus Dead que Alive), l’oncle Ben nous a gentiment ressorti un bootleg improbable où il est question de martyre et tout le cirque habituel pour nourrir la paranoïa planétaire. Il faut dire que l’ancienne gloire du Top 50 de la terreur réussit difficilement encore à faire trembler quelques sonotones dans les maisons de retraite paumées de l’Arkansas tant son pathétique numéro de père Fouettard sent le sapin et la retraite définitive. Toujours à propos d'Al Quaida (invention de la CIA pour combattre les Russes en Afghanistan), la brillante trouvaille des stratèges du Pentagone a parfaitement intégré le processus de la mondialisation et ses aléas puisque la marque lancée par Langley a encore conquis des parts de marché six années après le happening réussi du 11 septembre (lien AFP). Voilà assurément un ennemi sur mesure qui garantit un accroissement constant du budget de la Défense US et donc des bénéfices pour les compagnies amies, qui permet de ficher comme jamais sous prétexte de « lutte contre le terrorisme » (lien Interpol – Voltaire), qui booste cet OTAN un peu désuet en le transformant en milice impériale (Mondialisation), qui reformate activement les esprits pour accepter le Nouvel ordre mondial fasciste (Mondialisation) et qui permettra même l’exécution pure et simple des gêneurs (lien Bellaciao). Remarquable idée quand même que cet Al Quaida d’autant qu’un remake de la bonne vieille guerre froide en préparation (Reuters) devrait encore consolider les parts de marché du complexe pour très longtemps. Un million de morts, cela rapporte pas mal finalement…
 

 
 
Liens :
 
[ Les bienfaits de l’Empire du Bien ]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(Reuters) jeudi 12 juillet 2007
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cinq soldats américains tués en Irak ( Yahoo news 2 juillet 2007)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
«  (…) Au moins 149 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués en Irak dans l'exercice de leur métier depuis l'invasion de 2003, estime le Comité de protection des journalistes, une organisation indépendante basée à New York.(…) » 
 
 
 
 
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[ Nouvelles d’Irak ]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
«  (…) De nouvelles évaluations et estimations ont été faites sur le coût direct des opérations faites depuis le 11 septembre 2001 dans le cadre de ce que Washington nomme “la Longue Guerre” (“the Long War”), ou “la Grande Guerre contre la Terreur” (GWOT).
 
Comme on peut s’y attendre, les coûts ont notablement augmenté, passant pour la seule guerre en Irak de $8,7 milliards à $12 milliards par mois entre 2006 et 2007. Le report du CRS estime que la GWOT, ou Longue Guerre, atteindra en 2017 un coût de $1.400 milliards depuis le 11 septembre 2001. (…) »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Ressources du site :
 
 
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CC Jung

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