Nicolas Sarkozy, as de la propagande

Publié le par cc jung in effect

Il arrive encore parfois que l’on soit stupéfait par l’audace, le culot et les talents d’imposteur de Nicolas Sarkozy. Tenez, par exemple l’autre soir, dans les studios de Canal plus où il était interviewé par une vielle connaissance, Michel Denisot qui a écrit une biographie… autorisée de son invité, le candidat UMP a encore frappé. Gentiment titillé sur le plateau de télévision, ce dernier a rétorqué que les attaques qu’il subissait dénotaient surtout d’une exemplarité de son bilan. Tout simplement, avec la modestie et la suffisance coutumières de l’empereur de la communication. « C'est peut-être difficile de m'attaquer sur mon projet, sur mon bilan, donc ils attaquent sur le reste"a confortablement déclamé l’imposteur, se permettant même d’ajouter une énormité si l’on songe aux émeutes de 2005 : « En quatre années de ministre de l'Intérieur, il n'y a pas eu une seule bavure et pas un seul scandale ». Bien évidemment en réaction à cette stupéfiante affirmation, nos amis les journalistes…n’ont pas réagi.
 
Rien de nouveau dans cette affirmation de la complaisance des médias mais le procédé et les méthodes de communication du candidat UMP-RPR interpellent quand même quelque part. Evidemment, notre « néo-cons » à nous a reçu l’inestimable soutien de groupes de communication américains dépêchés à son chevet par son illustre modèle, George Bush, un maître en matière de propagande et d’imposture. Evidemment, Nicolas Sarkozy peut se permettre son petit numéro d’illusionniste faute de contradicteurs et de journalistes indépendants mais la machinerie électorale du communiquant nous laisse bien souvent pantois face à tant de démagogie et de mensonges éhontés pour reprendre les mots qu’il vient d’utiliser à propos d’Azouz Begag qu’il n’a jamais rencontré en siégeant dans le même gouvernement…
 
Et puis, en faisant une petite recherche sur la communication politique, de fil en aiguille, on tombe sur le mot propagande et ce qu’en dit l’encyclopédie Wikipédia. Et là, on tombe littéralement sur la feuille de route du candidat puisque l’ensemble des procédés utilisés par la propagande se calque parfaitement avec les articulations de la campagne de Nicolas Sarkozy. Développée de main de maître par le régime nazi et par Goebbels, ce décervelage massif est devenu depuis une véritable arme de guerre politique pour peu que le candidat en question se prête à toutes les contorsions possibles (mensonges, impostures, calomnie, dénis, insinuations, etc) pour personnifier cette technique de manipulation.
 
Tout y est dans cet exposé des méthodes de propagande, la peur, la stigmatisation, le captage d’héritage historique, la sémantique biaisée et toutes les ficelles du mauvais numéro d’acteur du triste sire que l’on avale tous les jours via les médias. Des liens puisés dans l’actualité récente illustrent le propos. Une méthode qui fonctionne à merveille si l’on en croit les derniers titres de la presse : Sondage: Sarkozy à 30,5%, Royal à 23%, Bayrou à 19,5% au premier tour  (AP), Sondage Ipsos/Dell: Sarkozy l'emporterait sur Royal avec 54% des voix (AFP), Nicolas Sarkozy fait la meilleure campagne selon un sondage CSA (Le Monde). Effrayant d’efficacité.
 
 
Paragraphes principaux (source Wikipédia)
 
 
« La peur : un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l'idée qu'on veut lui inculquer. Par exemple, Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman, « l'Allemagne doit périr !», pour affirmer que les Alliés ont pour but l'extermination du peuple allemand.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Appel à l'autorité : l'appel à l'autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.
 
 
 
 
UMP . Clôturant l’université d’été d’un parti qui lui est totalement inféodé, le candidat à l’Élysée a convoqué Jean Jaurès et Léon Blum pour prôner la rupture avec une société de partage.
 
 

 
 
Témoignage : les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l'individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste.
 
 
 
 
 
 

 
Redéfinition, révisionnisme : consiste à redéfinir des mots ou à falsifier l'histoire de façon partisane.
 
 
 
 
 
 
Sarkozy perd les pédales (Plume de presse)
 
 
 
Obtenir la désapprobation : cette technique consiste à suggérer qu'une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l'auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l'étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d'avis.
 
 
 
 
 

 
 
Généralités éblouissantes et mots vertueux : les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l'auditoire. Par exemple, faire appel à l'amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l'honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l'esprit critique de l'auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Imprécision intentionnelle : il s'agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L'intention est de donner au discours un contenu d'apparence scientifique, sans permettre d'analyser sa validité ou son applicabilité. Ces imprécisions peuvent se glisser dans le système juridique, sous forme d'un droit mou, poussant à la communication en vue d'obtenir des informations, tout en influençant l'opinion publique.
 
 
 
 
« (…) C'est peut-être difficile de m'attaquer sur mon projet, sur mon bilan, donc ils attaquent sur le reste", a-t-il dit sur Canal+. "En quatre années de ministre de l'Intérieur, il n'y a pas eu une seule bavure et pas un seul scandale, alors pour quelqu'un qui n'a pas de sang-froid...", a-t-il ajouté. (…)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
Transfert : cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d'une personne, d'une entité, d'un objet ou d'une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d'un camp à l'autre, lors d'un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu'elle s'identifie avec l'autorité reconnue.
 
 
 
 
 
 
 
 
Simplification exagérée : ce sont des généralités employées pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, politiques, économiques, ou militaires complexes.
 
 
 
 
 

 
 
 
Quidam : pour gagner la confiance de son auditoire, le propagandiste emploie le niveau de langage et les manières (vêtements, gestes) d'une personne ordinaire. Par projection, l'auditoire est aussitôt plus enclin à accepter les positions du propagandiste, puisque celui-ci lui ressemble.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Stéréotyper ou étiqueter : cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes de l'auditoire pour le pousser à rejeter l'objet de la campagne de propagande.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

As de la propagande

 
 
 
Bouc émissaire : en jetant l'anathème sur un individu ou un groupe d'individus, accusés à tort d'être responsables d'un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n'a pas à approfondir le problème lui-même.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Slogans : un slogan est une brève expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.
 
 
« Imaginons la France d'après »
 
« la rupture tranquille »
 
« La France, tu l'aimes ou tu la quittes »
 
« Tout devient possible »
 
« Travailler plus pour gagner plus »
 
 
 
 
Glissement sémantique : technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l'inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l'auditoire. Exemples : "frappe aérienne" à la place de "bombardement", "dommages collatéraux" à la place de "victimes civiles", "libéralisme" à la place de "capitalisme", "loi de la jungle" à la place de "libéralisme", "solidarité" à la place d'"impôt", "pédagogie préventive" à la place de "répression policière", "intervention humanitaire préventive" à la place d'" intervention militaire ".
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(Le Monde)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une vision que l’on pourra compléter par un article qui illustre également le culte de la personnalité qui est en train d’être élaboré dans la foulée de cette campagne…
 
 
 
Culte de la personnalité (un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.)
 
«  (…) Joseph Staline, objet d'une campagne massive du Parti communiste de l'Union soviétique pour renommer des lieux en son honneur. Il est souvent mentionné pour avoir créé le premier culte de la personnalité moderne.
 
L'expression culte de la personnalité désigne l'adulation excessive d'un chef (vivant), elle s'applique particulièrement à un chef d'État. Elle peut s'étendre à toute personne en vue bénéficiant d'un fort "battage" médiatique.
L'expression elle-même provient d'un discours de Nikita Khrouchtchev au XXème congrès du Parti communiste de l'Union soviétique en 1956.
 
Utilisée à l'origine pour décrire les hauts dignitaires de l'URSS stalinienne et de certains régimes assimilés (Roumanie de Ceauşescu, Chine de Mao), l'idée de culte de la personnalité a depuis été étendue à de nombreuses autres situations. Toutefois son utilisation concernant des chefs d'État de régimes d'Europe occidentale ou du Moyen-Orient ou des chefs de mouvements politiques ou religieux pose problème.
 
Le culte de la personnalité peut être entretenu par divers moyens de propagande, et suppose en particulier une large utilisation des médias et des évènements collectifs (rassemblements et manifestations spontanés ou non)  »
 
 
 
« Dans son discours d’investiture du 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy a cité :

Cinquante-cinq fois le mot travail ou un de ses dérivés (travailler, travailleur)
pas une fois le mot repos
pas une fois le mot paresse.

Six fois le mot famille
pas une fois le mot amant.

Deux fois le mot patrie
quatre-vingt-dix fois le mot France
pas une fois le mot internationalisme.

Cent soixante-quatre fois le mot je
trente-deux fois le mot Président
vingt-quatre fois l’expression Je veux être le Président

pas une fois le mot modestie. »
 
 
 
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CC JUNG
 
 
 
 
 
 

Publié dans Omegactualité

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