La Biométrie ou la biomatrix ?

Publié le par cc jung in effect

Omegapha encourage sans cesse ses visiteurs à lire et relire l’opus prophétique de George Orwell, le fameux « 1984 » qui n’a pas pris une ride en 2007. Il ne s’agit pas de s’imprégner du climat décrit par l’auteur ni de savourer l’intrigue du roman et encore moins de nager dans sa supposée paranoïa. L’intérêt de l’ouvrage réside ailleurs, dans la chaude dynamo intelligente qui irise l’œuvre, dans ces lignes où se lisent si bien notre monde qui a eu la subtilité de créer un fascisme soft et informatisé, maquillé comme un camion volé par la publicité et la Novlang. L’ennemi imaginaire qui apparaît dans les spots de télévision pour éructer ses menaces, la guerre sans fin contre un ennemi impalpable et pratique, la généralisation de la surveillance de tous et autre concept devraient forcément vous titiller les neurones quelque part…
Omegalpha reproduit dans son intégralité un article d’Il Manifesto traduit par Bellacio qui nous présente la dernière nouveauté pour « contrôler » les travailleurs et leur état émotionnel… Bien évidemment, l’entreprise investit dans cette technologie qui rappelle le bracelet électronique des prisonniers, pour le bien de ses employés, on s’en doutait. Il s’agit bien évidemment d’une extrapolation de gauchistes déviants et adeptes de complot diraient d’autres qui ouvriront les yeux une fois plongés dans le coma totalitaire qu’ils défendent naïvement, faute d’informations ou d’un minimum de lucidité. La technologie et l’informatique sont partout mais aussi les recoupements numériques, les traces, les relevés, les vidéos et autant d’informations si utiles pour nos « démocraties » avides de canaliser cette masse qui fait peur car le nombre est sa principale force. Par petites touches subtiles et utilitaires en apparence (les pass, les badges, Navigo, les cartes magnétiques, la CB, le portable, le GPS, la carte de fidélité, etc.), nos moindres faits et gestes sont compilés et analysés à des fins mercantiles et politiques car ces deux entités ne font en vérité, qu’une.
A quelle fin tout ce maillage d’informations et de collectes d’informations ? Pour que les multinationales et leurs succursales politiques soient à même de mieux vous servir, il s'agit de trier le bon grain de l’ivraie, de cibler le client, de manipuler le citoyen, de charmer l’électeur, de vendre des guerres, d'intoxiquer quand cela est nécessaire, de créer une mode, d'inventer une diversion, de faire avancer un projet, d'obliger une réforme impopulaire, d'infléchir l’opinion, de faire basculer des votes, d'accompagner un projet de loi, d'imposer des modèles pour faire perdurer ce système qui est profondément clientéliste, injuste et suicidaire à long terme pour l’ensemble de l’humanité.
En attendant le déluge, ils nous préparent la prison électronique et mentale et finalement, le déluge quand même… Voilà ce que nous vendent la biométrie, les OGM, les multinationales, la lutte anti-terroriste et le reste : un nouvel ordre mondial où l’humanité est transformée en une gigantesque ferme managée par des commerciaux cyniques et avides, une immense plantation où les esclaves fléchissent sous le fouet en rêvant non pas de racheter leur liberté mais le dernier objet mis en tête de gondole et surtout, une place à la table où se distribue le rêve manufacturé… La publicité vend du cauchemar sous cellophane et des milliards de gens triment pour s’offrir ce moment fugace d’imposture... On applaudit quand même.

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Des USA, un dispositif permettant d’espionner l’"état émotif" de tous les salariés de Francesco Piccioni traduit de l’italien par karl & rosa
«  En lisant les nouvelles et les articles concernant les technologies (surtout électroniques et informatiques) on a l’impression de vivre au pays de cocagne.
La connectivité universelle – et donc la "liberté" - semblent à portée de main, capturés comme nous le sommes par des dispositifs sans fil et des réseaux wi-fi même "domestiques", des puces pouvant surveiller n’importe quoi, des senseurs, des caméras lilliputiennes et des microphones à longue portée.
Un ensemble de bidules rivalisant pour nous convaincre que leur usage est immanquablement "libératoire". On ne manque pas d’"idéologues" (même "transgressifs") amplifiant cette sensation ou bien, plus concrètement, de publicitaires qui se chargent de faire en sorte que notre main aille toute seule à la recherche du portefeuille.
Et bien, Il semble que soit venu le moment de modifier cette vision. A la fin de ce mois la Third Eye
(« Troisième œil », par pur hasard) va présenter à Las Vegas son produit le plus avancé, le Security Alert Tracking System. Un système complexe ayant son point de force dans un petit engin. Cela semble à première vue une montre normale, avec son bracelet mais sans cadran ni affichage. Il contient en réalité une bio puce en mesure de détecter aussi bien la fréquence du battement du cœur que les niveaux de saturation de l’oxygène dans le sang, par le contrôle continu des niveaux d’hémoglobine. Quand les deux paramètres atteignent un certain seuil, le dispositif envoie un signal d’alarme à la centrale de contrôle (en modalité sans fil, évidemment) et à l’insu de la personne qui le porte.
Le principe médical scientifique (en effet, le partenaire de l’opération est la SPO Medical, spécialisée dans la construction de bio senseurs et de microprocesseurs « portables ») est simple : le battement du cœur et la saturation du sang varient dans les situations de stress, comme quand on se trouve devant une menace ou que l’on est engagé dans une « activité illégale ». Le signal permet d’activer les webcam qui contrôlent le secteur (ou la personne) et de vérifier dans le détail ce qu’est en train de faire le porteur de l’engin clignotant. L’équivoque plane : il y en a qui pourraient penser qu’il s’agit d’une variante hi tech du « bracelet électronique » à mettre aux détenus en permission récompense ou aux arrêts domiciliaires et se dire donc hâtivement d’accord parce qu’ils imaginent qu’il s’agit d’un truc destiné à augmenter « la sécurité » de tant de braves gens qui ne pensent qu’à travailler.
Erreur ! Les destinataires de ce bracelet sont précisément les travailleurs. En effet, la « centrale de contrôle » (la partie la plus coûteuse du « paquet » vendu par la Third Eye) est pensée pour une usine comme pour un casino, pour une banque aussi bien que pour un supermarché, pour un ministère comme pour le siège central d’une multinationale. En lisant les dépliants décrivant le « produit » on peut faire une expérience hilarante (mis à part les frissons dans le dos) : on exalte un « procédé non invasif très important », qui « ajoute à la sécurité des salariés », et – enfin – « pour comprendre quels sont les employés engagés dans des activités illicites (unlawful) ».
 

Nous apprenons à nous en servir, jusqu’à ne plus pouvoir nous en passer
 
Le domaine d’application est potentiellement infini : les « fainéants » visés par le prof. Ichino peuvent commencer à trembler (problème psycho technologique : les « fainéants » pourraient montrer moins de variations significatives de leur fréquence cardiaque), ceux qui sont amoureux de la collègue d’en face feront mieux de changer de rayon, etc. Mais, ironie à part, ce petit engin diabolique n’est que l’un des mille signaux concrets de l’évolution de la machine productive vers un contrôle total sur le travailleur. Un signal expliquant, de toute façon, comment la technique – en soi-même – n’est certainement pas « libératoire ».
Nous vivons dans un monde de marchandises incorporant des quotas croissants de technologie. Nous apprenons à nous en servir, jusqu’à ne plus pouvoir nous en passer. Nombre de ces technologies nous ont effectivement « libérés » d’un nombre incroyable de tâches physiquement ingrates (qu’on pense seulement à la fonction révolutionnaire de la machine à laver dans le fait que les femmes sont devenues des protagonistes sociales), nous livrant, en revanche, à des dépendances plus subtiles.
Mais toute technologie a des « portes « s’ouvrant dans les deux sens : ce qui passe d’un côté à l’autre – et surtout la possibilité d’organiser et de « contrôler » les réseaux – ne dépend que de la « puissance » du sujet à l’oeuvre. Lequel pourra très difficilement être l’individu, avec son hardware spartiate lui permettant d’être connecté avec le monde. Et, en définitive, sous contrôle ».’
 
 
http://www.ilmanifesto.it/Quotidian... ( de : Francesco Piccioni )
 
 

 
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En route pour la surveillance des données de connexion (PC Inpact sur les « lois Sarkozy »)
 
 
 
 
 
 
 
 
« (…) Easydentic, société spécialisée dans les technologies dévolues à la sécurité des entreprises (systèmes d'identification biométriques basés sur la reconnaissance des empreintes digitales et de la morphologie des mains), créée en 2004, annonce avoir dépassé les 15.000 produits installés. Au même titre, le groupe publie un chiffre d'affaires annuel en données comparables de 38 millions d'euros, en hausse de 153%, alors que le groupe tablait initialement sur des facturations de 36 millions. (…) »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'accélérateur fut le 11 septembre 2001. A voir…911EyeWitness (vidéo)
 
 
 
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CC JUng

Publié dans Omegactualité

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