Le Vietnam, le mot est lâché

Publié le par cc jung in effect

Le mot tabou vient d’être prononcé par l’Empereur, Vietnam, et c’est tout un pan douloureux de l’histoire militaire et colonialiste des USA qui revient hanter les mystiques prédateurs de la Maison Blanche. A quelques encablures des élections de mi-mandat, les mauvaises nouvelles en provenance de la province irakienne de l’Empire viennent plomber l’atmosphère et c’est tout un rêve de grandeur et de goinfrerie planétaire qui s’estompe dans les mirages brûlants de la millénaire Mésopotamie. Les mille et une nuits de l’Empire se sont transformées en un cauchemar poisseux et personne ne sait plus où est la lumière. Les brillants stratèges du Pentagone lorgnent pourtant sur le dernier projet délirant en cours, la militarisation de l’espace comme une fuite en avant démente et échevelée.
 
 
On ne saurait trouver plus beau symbole que celui-ci. Les Etats-Unis viennent officiellement de coloniser l’espace et de se l’approprier pour en faire un usage militaire bien sûr. Dieu le fils Bush et ses amis évangélistes ont décidé de manière unilatérale que le ciel au dessus de nos têtes sera le futur champ d’action de leurs expérimentations hasardeuses (lien AFP). Après les bidouillages climatiques en toute illégalité du programme Haarp, le regard des militaires fiévreux du Pentagone se tourne à présent vers l’espace, l’ultime frontière des pionniers, l’endroit idéal pour faire peser une menace permanente sur l’ennemi, c’est à dire celui qui ne fait pas allégeance et serment de servilité absolue. L’espace appartient donc à l’Empire qui se réserve le droit d’y installer ses engins de mort et de surveillance comme autant d’épées de Damoclès, s’érigeant ainsi en véritable Dieu tout puissant capable de faire tomber la foudre sur ses misérables sujets. Les mystiques dévoyés de l’administration Bush espèrent ainsi accomplir le vieux rêve hollywoodien d’un acteur de série B, Ronald Reagan, une référence en matière d’intelligence et de clairvoyance…
 
Washington se réserve le droit d'interdire l'espace à ses « ennemis » comme il interdit l’usage de la technologie nucléaire à ses futurs proies par commodité tout en fermant les yeux sur les états voyous mais complices qui disposent de l’apocalypse au bout des doigts (Pakistan en particulier). Il est inutile de chercher une logique à ce raisonnement biaisé qui relève plus d’une gestion mafieuse et prédatrice du monde que d’un sens de la responsabilité que l’on est en droit d’attendre de la superpuissance dominante. Cela fait un bon moment que les masques ont glissé et que l’Empereur et ses cerbères ne s’affublent plus d’un visage respectable pour donner le change. Ainsi, l’Empereur qui devait mener la croisade pour le Bien contre d’affreux méchants qu’il a créé artificiellement avec la CIA, vient de signer un décret qui autorise l’usage de la torture, les arrestations arbitraires et la délocalisation des sévices dans des pays amis aux geôles profondes comme des tombeaux (lien Le Monde).
 
Les défenseurs des libertés civiles ont beau s’insurger contre cette hallucinante dérive du droit (lien Le Monde), rien n’y fait puisque l’opinion publique américaine est tellement travaillée au corps par la propagande et la peur distillée qu’elle a fait le choix lourdement symbolique de sacrifier les droits de l’homme pour une paix en sursis. En sursis bien sûr puisque l’on ne peut pas demander de la mansuétude et de la compassion à un adversaire lorsque que l’on traite ce dernier de la pire des manières, fabriquant finalement à la chaîne, des kamikaze revanchards. Le spectacle de Guantanamo était déjà édifiant, les charters de la torture véhiculaient une terrible image et les innombrables bavures en Irak et en Afghanistan (liens) fournissaient des arguments frappants aux recruteurs d’Al Quaida mais l’Empire du Bien a préféré la surenchère. Une manière d’alimenter la haine et la détestation et de conforter les certitudes de ses ennemis, de quoi engraisser encore et toujours ce terrorisme tellement utile pour remodeler nos sociétés dites « démocratiques ».
 

Ondes de choc...

Dire que le prétexte invoqué n’est autre que la défense et la sécurité du citoyen…
 
Le grand perdant dans cette légalisation de la torture et de l’arbitraire n’est bien évidemment pas celui qui combat l’expansionnisme colonial de l’Empire puisque les soudards impériaux n’ont pas attendu de décret pour accomplir leurs basses œuvres. L’unique récipiendaire de cet aménagement juridique qui ouvre la porte à des méthodes dictatoriales, c’est le citoyen…américain ainsi dépossédé de ses droits les plus élémentaires. Et dire que le prétexte invoqué n’est autre que la défense et la sécurité de ce même citoyen, quelle triste ironie et quel magistral tour de passe-passe impérial. De quoi donner des idées au grand adorateur de l’Empire du Bien, Nicolas Sarkozy, s’il accède à la plus haute marche républicaine. On ne change pas des recettes qui marchent.
 
La meilleure preuve de l’inefficacité de ces méthodes est pourtant donnée chaque jour par l’actualité puisque les combats redoublent de violence en Irak et en Afghanistan (liens) et que la soldatesque impériale n’est pas épargnée par le déchaînement. L’échéance électorale qui attend l’administration Bush (les élections parlementaires de mi-mandat) et la question irakienne qui s’impose dans les débats de campagne, ont donné un coup de fouet aux « insurgés » qui entendent ainsi peser à leur manière sur le scrutin. Le nombre de GI’s tués en Mésopotamie est en train de s’affoler dangereusement et l’idée d’un Vietnam bis est même évoquée par l’Empereur. « Le président américain George W. Bush a admis mercredi, pour la première fois, une analogie possible entre la guerre en Irak et la guerre au Vietnam en déclarant que l'on pouvait peut-être comparer les attaques actuelles avec l'offensive historique du Têt. » (Lien AFP).
 
Voilà un aveu désastreux que les conseillers en communication de la Maison Blanche ont tenté de relativiser mais l’analogie risque de perdurer et le spectre d'un nouvel échec militaire s'intalle doucement dans les têtes de tous. D’autant que les troupes US se comportent de la pire des manières comme leurs aînés dans la jungle vietnamienne. Les procès, plus sordides les uns que les autres, témoignent de la dégradation des conditions sur place (lien AP). Incapable de renouveler correctement les contingents affectés en Irak, l’état-major US a décidé d’abaisser le seuil de sélection pour incorporer des nouvelles recrues tout en sabrant les périodes de turn-over pour les troupes déjà engagées sur le théâtre d’opérations. Le résultat est calamiteux puisque les soldats aguerris sont exténués et à bout de nerfs tandis que les nouveaux venus, inexpérimentés et mal-formés, se trouvent être trop souvent des membres de gang, des repris de justice et des psychopathes en tout genre venus pour faire des cartons et commettre des viols et des atrocités en toute impunité.
 
L’aventure irakienne devait être la première étape de la marche triomphante de l’Empire bien décidé à remodeler ce Moyen-Orient agité avec son complice local, Israël, mais les sables mésopotamiens se creusent chaque jour un peu plus pour engloutir la fumeuse vanité des imposteurs et des incapables. Tout comme la campagne libanaise s’est avérée un désastre pour l’armée israélienne trop sûre d’elle en dépit d'un rapport de forces déséquilibré au possible. La réalité finit toujours par s’imposer aux mythomanes et aux illuminés, ce n’est qu’une question de temps et de patience. Le réveil est généralement douloureux dit-on.
 

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Publié dans Omegactualité

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