Israël : les premiers dégâts collatéraux…

Publié le par cc jung in effect

Des scandales financiers et sexuels secouent le gouvernement d’Ehud Olmert qui semble pris dans une tourmente judiciaire. Cette frénétique envie d’en découdre avec le personnel politique a tout l’air d’être un règlement de comptes en bonne et due forme. Malheur aux vaincus dit l’adage populaire même si dans cette affaire, l’opinion publique israélienne accuse surtout ses dirigeants de ne pas avoir remporté une éclatante victoire, comme d’habitude.
 
C'était prévu. Comme Omegalpha le laissait supposer dans un article récent, Israël est en train de goûter aux joies d’une demie-victoire et d’une presque défaite. Alors que le gouvernement d’Ehud Olmet s’était engagé dans cette aventureuse campagne libanaise avec le soutien quasi unanime de la population, le climat qui règne actuellement est d’une toute autre nature. Seule la victoire est belle disions-nous et cette campagne désastreuse a servi de déclic pour faire exploser une unité fragile constituée autour du péril extérieur et de la menace, une recette qui fonctionne bien dans pas mal de démocraties d’ailleurs… La coalition qui dirige le pays est en voie d’implosion et les dégâts causés par la guerre commencent effectivement à toucher la classe politique dans son ensemble. Trop d’erreurs pour un bien piètre résultat, tel est le constat amer des Israéliens au moment où le Hezbollah jouit d’une popularité inouïe dans le monde arabe.
 
Il y a d’abord la manière dont se sont déroulés les évènements. On ne nappe pas de bombes tout ce qui bouge, on ne détruit pas systématiquement tous les équipements d’un pays, on n’attaque pas les soldats de la FINUL et les convois de réfugiés en les inondant ensuite d’une pluie de prospectus contre le Hezbollah en prétendant mener une guerre dite « traditionnelle ». Usant du bien commode prétexte d’une milice « cachée » dans la population, les stratèges de Tsahal n’ont fait aucune distinction entre les combattants furtifs et armés et les cohortes de civils qui fuyaient les zones de combat.
 
En détruisant avec une férocité hallucinante des quartiers entiers dans les centres urbains (7000 raids aériens selon Amnesty auxquels il faut ajouter les 2500 bombardements de la Marine), ces théoriciens du chaos reproduisaient en fait une tactique mise en application en Irak par les cousins d’Amérique qui consiste à faire tomber un déluge de feu et de bombes pour terroriser l’ennemi et sa population, pour les briser en quelque sorte, psychiquement ou matériellement. Cette tactique militaire honteuse et froidement technologique a fait quand même plus de 1300 civils tués selon les derniers chiffres fournis par les agences de presse. Un rejet massif du Hezbollah était escompté dans cette opération terrorisante, on a vu…
 
 

Onde de choc...

« La destruction massive de centrales d'eau et d'électricité et d'infrastructures indispensables au transport de la nourriture et de l'aide humanitaire... » (Amnesty)
 
« "Nombre de violations décrites dans notre rapport, telles que des attaques disproportionnées et menées sans discrimination, constituent des crimes de guerre. Les éléments suggèrent fortement que la destruction massive de centrales d'eau et d'électricité et d'infrastructures indispensables au transport de la nourriture et de l'aide humanitaire était délibérée et s'inscrivait dans une stratégie militaire". » souligne Amnesty (lien).
 
Et comme si cette conduite ne suffisait pas, les escarmouches se multiplient à la frontière libano-israélienne avec le plus souvent des victimes libanaises tandis que les F16 continuent leurs intimidations permanentes (liens). L’état hébreu a beau jeu de dénoncer la lenteur de la constitution d’une troupe d’interposition internationale quand son attitude ressemble à s’y méprendre à de la provocation dans un lieu où les braises rougeoient encore. Mais c’est sur le terrain politique que les choses risquent bien de s’accélérer puisque les membres du gouvernement d’Ehud Olmert semblent pris dans une tourmente judiciaire à la mesure de la déconvenue de l’opinion publique. Des accusations de délit d’initié, d’harcèlement sexuel et de petites combines financières se succèdent à un rythme soutenu en n’épargnant personne et surtout pas ceux qui sont coupables…d’une défaite aux yeux de l’opinion publique.
 
 

 
Et pendant ce temps-là, les Territoires occupés continuent de subir une violente campagne d’intimidation
 
Ce n’est pas la compatissante campagne de soutien à Israël de la part de comédiens américains connus qui pourra arrêter le maelström qui agite l’état hébreu en ce moment (lien Voltaire). Et pendant ce temps-là, les Territoires occupés continuent de subir une violente campagne d’intimidation qui a le but avoué de faire libérer le soldat captif mais avec une méthodologie qui suggère plutôt la radicalisation des protagonistes. Ce n’est pas en arrêtant le vice-premier ministre palestinien que Tsahal joue la carte de l’apaisement et de la négociation. « Cette arrestation fait suite à plusieurs coups de filets parmi les politiques palestiniens. Le 5 août, l'armée israélienne avait arrêté le président du Parlement Aziz Doweik, également membre du Hamas. Le 29 juin, 64 autres responsables du mouvement islamiste, dont huit ministres et 26 députés, étaient capturés par l’Etat hébreu. Seuls quelques-uns ont été relâchés depuis. » nous rappelle justement le Figaro (lien).
 
Que nous démontre cette surprenante conclusion de la nouvelle guerre au Liban ? Que les peuples va-t’en-guerre comme les autres d’ailleurs, choisissent l’option guerrière quand ils estiment que la victoire est aisée et assurée et peu importe ce qu’elle coûtera à l’adversaire. Ce que l’opinion publique israélienne reproche aujourd’hui à son armée, ce n’est pas la sauvage destruction qu’ont enduré les Libanais ni le nombre élevé de victimes dans les rangs guerriers des deux camps, c’est de ne pas avoir gagné et vaincu. C’est l’orgueil du grand Israël qui est froissé et son arrogance qui est un peu vacillante.
 
Les différents raids aériens et autres opérations commandos qui violent allègrement le cessez-le-feu et se terminent en général piteusement, indiquent qu’il reste encore une frange de l’armée qui ne désespère pas de remporter encore quelque chose dans cette sale guerre (lien De Defensa) mais on espère bien que la démocratie israélienne sera assez forte pour stopper à temps ces néos-cons locaux complètement déments et irresponsables. Ce serait le meilleur message de maturité politique que pourrait envoyer au monde ce petit pays si agressif et si puissant mais salement amoché en terme d'image, par la guerre de trop.
 
 

Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
les acteurs Nicole Kidman, Michael Douglas, Dennis Hopper, Sylvester Stallone, Bruce Willis, Danny De Vito, Don Johnson, James Woods, Kelly Preston, Patricia Heaton et William Hurt ; et les réalisateurs Ridley Scott, Tony Scott, Michael Mann, Dick Donner et Sam Raimi.
 
 
 
 
 
 
 
« Récit du raid raté d'Israël de samedi. * Les Israéliens sont piégés dans une logique d'échec stratégique et d'illégalité. * Plus les échecs opérationnels s'accumulent, plus est grande la tentation devenue nécessité de tenter de rattraper ces échecs par de nouvelles actions nécessairement illégales. »
 
 
 
 
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CC Jung
 

Publié dans Omegactualité

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