Recul notable des libertés

Publié le par cc jung in effect

La liberté de la presse dépressive
Comme le souligne très justement un article du Monde, la liberté de presse recule allègrement dans le monde. Il faut bien dire que les donneurs de leçon démocratique et autres zélés exportateurs de révolutions oranges puis amères, n’ont guère d’arguments convaincants et d’exemplarité à afficher. Que la liberté de presse vacille en Afrique et au Moyen-Orient n’a rien de vraiment réjouissant ni de surprenant puisque ces deux continents se caractérisent par la persistance de dictatures (pour peu que les sanguinaires roitelets en place soient du bon côté de l’Empire). Ce qu’il y a de plus inquiétant en revanche, c’est le net recul de la liberté de la presse en…Occident.
Dans la foulée fumante du 11 septembre, les dirigeants du monde libre se sont empressés de restreindre l’ensemble des libertés et donc celle des journalistes au nom de la fumeuse lutte contre le terrorisme. La récente mise en cause de deux journalistes danois accusés d’avoir éventé la supercherie des armes de diversion massive en Irak (voir Ressources du site « le journalisme de guerre ») est un mauvais signal adressé à l’ensemble de la presse. Les coalitions de droite et d’extrême droite qui pullulent en Europe ne se font pas prier pour mettre au pas les empêcheurs de tourner en rond et de mentir à la ronde, cela va des militants des ONG aux pacifistes en passant par les journalistes. Les attelages populistes n’hésitent pas non plus à mettre la main sur les organes de presse en se servant de la puissance financière de groupes « amis », profitant du désarroi languissant de l’ensemble des titres de presse écrite et de la déliquescence avérée de la notion même de déontologie (de quoi ?).
L’exemple le plus hallucinant restera l’Italie de la période Berlusconi qui a atteint des sommets de bouffonnerie télévisuelle, un Big Brother à la sauce parmesane et partisane, gominé et lifté, omniprésent entre deux émissions où la paillette, la vulgarité, le silicone et le ballon rond se disputaient les faveurs baveuses d’un public glapissant. Une situation quasi identique est en train de naître en Russie où le très joyeux et sémillant Poutine passe en boucles (de ceinturon ?) pour vendre sa boucherie en Tchéchénie et sa dictature (au nom de la lutte contre le terrorisme islamique, of course) pendant que dans les rues de l’Empire défunt et chaotique, des hordes de skins et autres nationalistes terrorisent l’étranger, le pédé et le journaliste, poignardent les gamines trop bronzées et les « nègres » et tous ces ennuyeux adversaires du Nouvel Ordre mondial.
Le recul de la liberté de la presse, c’est l’avancée de la propagande d’état. Sans les journalistes et leur perspicacité, point d’affaire Clearstream (merci Denis Robert), les petits cambrioleurs de Clichy-sous-bois ne seraient jamais revenus d’un match de football, la croissance serait au beau fixe dans le pays rêvé de Thierry Breton et le CPE serait majoritairement plébiscité par l’opinion publique reconnaissante du travail accompli par notre vaillant gouvernement. Sans les journalistes, le monde serait plein d’annonces réjouissantes, de satisfecit permanent, de communiqués victorieux comme cette annonce fantaisiste de l’armée américaine qui prétend avoir tué une centaine d’insurgés à Ramadi (Lien). Pour paraître plus convaincante, la communication militaire US en fait des tonnes et vend quelque part la mèche par son exagération et son souci du détail « véridique ».

Unis dans le mensonge planétaire...

La dernière annonce victorieuse en Irak était en fait...une bavure
Il est donc précisé qu’une centaine d’insurgés ont été abattus par les glorieuses phalanges de l’Empire pour deux militaires irakiens tués, mieux qu'un jeu vidéo. Certains des terroristes d’Al Quaida portaient même des ceintures d’explosifs (à défaut de badges estampillés « membres d’Al Quaida en stage » ou des tee-shirts arborant le portait barbu du chef suprême). La dernière annonce de ce type, après recoupement des sources, s’est avérée en fait une bavure, une bombe de 250 kilos lâchée sur une foule de curieux rassemblés autour d’un véhicule militaire américain en feu. Bilan : 70 morts. La curiosité tue les chats, les Irakiens et parfois les journalistes aussi (88 depuis le début du conflit, un record macabre). Dans la presse des jours suivants, l’horrible carnage était présenté comme...une éclatante victoire de la Coalition qui a mis hors service plus de 70…insurgés et des terroristes d’Al Quaida. (Voir ressources du site : « des informations »).
Sans les journalistes pour traquer l’information et la désinformation, les communiqués de ce type remplaceraient entièrement les articles, les analyses et les reportages pour nous donner une vision totalement virtuelle, mensongère et orientée de notre monde. C’est le rêve de tous les imposteurs qui prétendent diriger le monde, un monde de communication (entendre propagande) sans les filtres critiques des professionnels de l’info, sans le direct révélateur (voir lien sur les points presse de la Maison Blanche) mais avec un contrôle absolu de l'information et donc de l'opinion. Et c’est bien parti si l’on en croit les bilans chaque année plus pessimistes.
 
 
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CC Jung

Publié dans Omegactualité

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