Pablo Nerud'amour...

Publié le par cc jung in effect

Un peu plus loin que l'actualité et son impermanence, il y a toujours...la poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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« Cher cœur, reine du céleri et de la huche,

petite panthère du fil et de l'oignon,

que j'aime voir briller ton minuscule empire,

les armes de la cire et de l'huile et du vin,

 

de l'ail, et ce sol que tes mains ont ouvert,

de la substance bleue qu'elles ont allumée,

de la transmigration du songe à la salade,

du serpent enroulé du tuyau d'arrosage,

 

 

 

 

 

 

 

 

De ta faucille tu soulèves des senteurs,

je te vois présider au savon dans la mousse,

tu gravis mes échelles et mes escaliers fous,

 

Et tu découvres dans le sable du cahier,

fouillant les symptômes de ma calligraphie

les lettres égarées qui ont cherché ta bouche. »

 

 

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« Pauvres poètes que la vie et que la mort

ont poursuivi tenacement de la même ombre

les voici recouverts par l'impassible pompe

et dévolus au rite, à la dent funéraire

 

Maintenant - obscurs comme de petits cailloux -

allongés derrière des chevaux arrogants,

ils vont, finalement conduits par des intrus,

dormir sans silence, entre les aides de camp.

 

 

 

 

 

 

Ces derniers, sûrs déjà que le mort est bien mort,

ont fait de ses obsèques un festin misérable

avec dindons et porcs, et autres orateurs.

 

Ils ont épié sa mort, l'ont alors offensée :

n'ayant pour tout motif que sa bouche fermée,

et son chant désormais qui ne peut plus répondre. »

 

 

Extraits de « La centaine d'amour » - Medodia de Pablo Neruda

 

 

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« Aimée, unis ton cœur au mien pendant la nuit :

que dans notre sommeil ils dissipent l'obscur

comme un double tambour combattant dans le bois,

contre l'épais rempart du feuillage mouillé,

 

Nocturne traversée, sommeil aux braises noires

interceptant le fil des raisins de la terre

ainsi qu'un train absurde en sa ponctualité

et sans cesse traînant l'ombre et les pierres froides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon amour, relie-moi à ce mouvement pur,

cette ténacité qui frappe en ta poitrine

comme un cygne englouti et dont battent les ailes.

 

Qu'à l'interrogation du ciel et des étoiles

réponde le sommeil en sa seule clé,

avec sa porte unique et que l'ombre a fermée. »

 

 

Extrait de « La centaine d'amour » - Noche de Pablo Neruda

 

 

 

D'autres extraits et plus d'informations sur le site de "La Poésie que j'aime"

 

 

 

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DJ CC Jung

Publié dans D k Lé

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rachid 06/12/2008 11:55

Bonjour, Ce n'est pas encore Noel mais nous avons déposer un cadeau sur notre blog. Que pour toi. Et encore Merci !