OTAN de Sarkozy, tout est devenu possible, hélas... (2 b)

Publié le par cc jung in effect

Deuxième volet (partie b) de notre série consacrée à la situation en Afghanistan où il sera question de la propagande calquée sur le modèle de l'administration Bush, des promesses du candidat Nicolas Sarkozy, d'un peu d'histoire au menu aussi pour comprendre que les méchants d'aujourd'hui étaient les valeureux résistants à l'occupation russe sans oublier le rappel de certains faits troubles qui aboutiront au 11 septembre et ce qui s'ensuit. Une suite qui rappelle étrangement les  recommandations de la NEPD (pétroliers) et de la PNAC...

 (Suite)

«1-10 septembre 2001 - Dans le cadre d'une opération militaire baptisée « Swift Sword » en préparation depuis quatre ans, 23,000 soldats britanniques sont dépêchés vers Oman - les attentats causeront une hésitation dans leur déploiement mais cette opération d'envergure se déroulera comme projetée. Dans le même temps, deux flottes de combat de la marine américaine prennent position dans le Golfe d'Arabie tout prés des côtes pakistanaises. Au même moment, environ 17,000 soldats américains rejoignent 23 000 soldats de L'OTAN déjà déployés en Egypte pour l'Opération «  Bright Star. ». Toutes ces forces sont en place avant que le premier avion ne frappe le WTC. Sources : The Guardian ; CNN ; Fox ; The Observer ; Francis Boyle, Université de l'Illinois) » (Lien Entrefilets.com). Au même moment, les troupes d'élite canadiennes préparaient déjà l'intervention en Afghanistan (lien Voltaire). « Le 9 septembre, le leader du Front islamique (pro-russe), Shah Massoud, est assassiné, de sorte que Moscou n'ait pas de relais locaux pour s'opposer à l'invasion anglo-saxonne. » (Lien Voltaire - « La France doit retirer ses troupes d'Afghanistan »). Un assassinat attribué au fantomatique Al Quaeda tout comme l'évènement majeur qui allait suivre, les attentats du 11 septembre 2001. Vous l'avez rêvé ? Al Quaeda se charge d'accomplir vos désirs les plus fous... Qui travaille finalement pour qui ? Bonne question et un début de réponse dans sa formulation même.


 

 

Dieu aime l'Amérique et l'Amérique croit en Dieu...

  

11 septembre 2001, effondrement de deux tours jumelles, enfin des trois buildings parce que la tour n° 7 a voulu imiter les deux autres pour ne pas être en reste. Heureusement qu'une semaine avant les spectaculaires attentats, son prévoyant propriétaire, Larry Silverstein, avait pris le soin d'assurer le bâtiment contre les risques...terroristes (2,2 milliards de dollars touchés en prime d'assurance).  Extraordinaire coïncidence certainement, cet « événement catastrophique et catalyseur - comme un nouveau Pearl Harbor » tant désiré par les signataires du  Project for the New American Century (clic Wiki), les mêmes Donald Rumsfeld, Dick Cheney, Jeb Bush, Richard Perle, Daniel Pipes, Norman Podhoretz, Paul Wolfowitz, Robert Zoellick ou encore Bernard Kouchner, André Glucksmann et Joe Biden, co-listier de... Barack Obama, était arrivé à point nommé pour permettre à l'Empire de s'affranchir du droit international au nom d'une soi-disant légitime défense et d'enclencher dans la foulée, la « War On Terror » et donc l'offensive promise contre l'Afghanistan et Ben Laden (pipeline Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) avant de s'attaquer ensuite à l'Irak (quatrième réserve conventionnelle de pétrole du monde et principal soutien des mouvements arabes de résistance à Israël) sous le fumeux prétexte des armes de destruction massive de Saddam Hussein et de la terreur distillée par Al Quaeda et formatée pour l'opinion publique occidentale. Un leurre et une forfaiture que cette nébuleuse terroriste et surtout une couverture idéale pour cacher les mains affairées des marionnettistes. Faire de la sécurité de l'approvisionnement en énergie la priorité absolue de la politique étrangère et commerciale américaine recommandait le NEPD, voilà donc le ressort qui a animé tout ce beau monde et qui explique le déplacement savamment orchestré des pièces sur l'échiquier mondial. Les alarmistes conclusions du groupe de développement de la politique énergétique nationale présidé par Dick Cheney et mis en place deux semaines à peine après l'investiture de George Bush (NEPD) sur la trop forte dépendance de l'Empire à l'or noir (52% de la consommation locale dépendait de l'extérieur en 2000), avaient trouvé une réponse adéquate au bon moment. Good timing et divine surprise forcément. Dieu aime l'Amérique et l'Amérique croit en Dieu.  

Le Cent Gas Project (pétrole - pipe-line BTC, pipe-line Tengiz-Novorossisysk) démarré sous l'ère Clinton reprenait bien vie au lendemain du 11 septembre 2001, le pipe-line TAPI (gaz - Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) redevenait également une option intéressante pour parfaire le maillage de l'approvisionnement stratégique sécurisé. Enron, l'entreprise qui avait le plus contribué à l'élection de George Bush (compagnie Harken Energy Corporation, autres actionnaires : Khaled Ben Mahfouz et Salem Ben Laden), pouvait ressortir ses études de faisabilité sur le projet « Eurasian Transport Corridor » sous l'œil bienveillant de ses actionnaires placés au cœur de la matrice décisionnelle, Donald Rumsfeld devenu entre-temps ministre de la défense, Thomas White ancien vice-président de la même entreprise qui occupait désormais le poste de secrétaire d'état à l'armée et Robert Zoellick devenu haut représentant d'Etat US au commerce et actuel président de la Banque mondiale depuis juillet 2007. Ce n'est pas Condoleezza Rice nommée conseillère à la sécurité avant d'accéder au poste de secrétaire d'Etat et ancienne membre du conseil d'administration d'Unocal (1991 - 2000, Unocal, partie prenante du pipeline Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) qui trouverait quelque chose à redire, ni le bon vieux chasseur Dick Cheney (actionnaire d'Halliburton, premier équipementier pétrolier au monde) ou encore Gale Norton, la secrétaire à l'Intérieur (représentante des intérêts du pétrolier BP-Amoco). La divine surprise du 11 septembre 2001 tombait finalement à pic (pétrolier ?) pour tous les marionnettistes du bureau ovale mais n'y voyez aucune malice, juste la divine providence pour tous ces nouveaux « religieux » qui chérissent si ardemment le dieu hydrocarbure et son apôtre dollar. Il faut croire pourtant que cette même Providence a bien vite regardé ailleurs puisque le splendide plan de conquête des ressources énergétiques et d'hégémonie stratégique prévu par les néo-cons (PNAC) s'est bien vite métamorphosé en un gigantesque fiasco, aussi bien en Irak qu'en Afghanistan. Le bilan des deux campagnes menées par les intrigants du Pentagone et leurs alliés est effroyable à bien des égards pour les populations concernées tandis que des entreprises US comme Halliburton ou Chevron volent de records en records en terme de bénéfices opérationnels (lien Mondialisation). Le chaos est relatif et parfois lucratif...






 "L'Afghanistan est un merdier ingérable"...


Sept années après l'invasion d'une coalition menée par les USA (7 octobre 2001 - opération "Liberté immuable"), la situation en Afghanistan a atteint un seuil critique pour les troupes d'occupation occidentales. Le général Jean-Louis Georgelin, patron des armées françaises, résume joliment la situation en déclarant que « l'Afghanistan devient un merdier ingérable » avant d'ajouter que les troupes françaises n'ont « aucun intérêt à s'impliquer encore plus » dans ce bourbier (cité par le Canard enchaîné - édition du 27 août). Un terme (bourbier) dont ne veut pas entendre parler l'UMP (Lien Figaro - partie Bas les masques) qui s'imagine encore que des tours de passe-passe sémantiques réussiront à effacer la réalité crue et cruelle comme une ardoise magique. Voilà pourtant une analyse lucide émise par le grand ponte galonné que semblait partager le candidat Nicolas Sarkozy il n'y a pas si longtemps, en fait du temps de sa campagne électorale et de la grande imposture. Il s'agissait alors de maquiller les accointances atlantistes et néo-cons du candidat « gaulliste » et son allégeance totale à l'Empire. Notre bonimenteur de compétition déclarait avec un accent de sincérité confondant lors de l'émission « A vous de juger », le 8 mars 2007 : « Il était certainement utile qu'on les envoie, dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme ; mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisif. (...). Le président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d'éléments. C'est une politique que je poursuivrai. Et de toute manière si vous regardez l'histoire du monde, aucune armée étrangère n'a réussi dans un pays qui n'était pas le sien. Aucune... Même la Chine sur le Vietnam, les Japonais... Aucune, quelque soit l'époque, quelque soit le lieu. ».


Ce qui ressemble, en apparence seulement, à un brusque retournement de la part de notre président de la République, n'est rien d'autre que la stricte obéissance aux consignes données par l'OTAN et le Pentagone depuis des mois : plus de troupes et plus d'implication (liens Voltaire) pour les « alliés » de cet Oncle Sam qui vacille sérieusement dans cette guerre qui ne sert à rien (lien De Defensa) en dépit d'une supériorité technologique sans commune mesure sur les rebelles afghans comme le montre très bien une séquence vidéo particulièrement tragique (lien Mavideotv - Fr 3). Ces « recommandations », pour être encore plus explicites, sont agrémentées de menaces à peine voilées qui apportent un éclairage édifiant sur le rôle exact d'Al Quaeda and Co dans ce jeu de dupes : une cure thermale pour tous dans le bourbier afghan où le méchant loup sera lâché dans vos villes dit en substance Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense (liens Figaro - Voltaire). Les rôles de chacun sont ainsi clairement définis une fois pour toutes : l'Empire ordonne et ses sbires exécutent sans état d'âme. C'est le principe de la « vassalisation systématique » pour reprendre la judicieuse expression de De Defensa. Et puis, après tout, ces vassaux justement, ont été mis à des postes clefs pour servir de fidèles relais de l'Empire, à charge pour eux de se débrouiller avec leur opinion publique réticente d'où l'utilisation d'arguments les plus éculés comme ceux utilisés par Sarkozy lors de la courte visite de Barack Obama en France pour justifier sa décision d'envoyer des renforts en Afghanistan (lien 20 MN).

Bienvenue donc à nos alliés dans cet enfer que nous avons conçu (création des talibans), mis en scène (invasion au lendemain des attentats du 11 septembre 2001) et grandement amélioré depuis toutes ces années d'occupation disent l'Empire et son écho atlantique. Omegalpha ne résiste pas à l'envie de citer quelques lignes parues dans le Washington Times, le 17 mars 2005, décrivant un Afghanistan idyllique à destination de l'opinion publique US avant de plonger dans le purgatoire qui attend nos soldats : « La rapide transformation de l'Afghanistan en un État démocratique viable n'a rien d'un miracle. La communauté internationale, conduite par les États-Unis, a contribué à la reconstruction d'une nation en ruine pour en faire un pays avec un président élu, des médias libres, des affaires se développant, des investissements, des lois civiles et un système bancaire viable qui contribue au développement du secteur privé. Le gouvernement et les pays donateurs veulent construire une économie de marché, mais les ONG et les organisations humanitaires lui nuisent. » (Lien Voltaire - « Privatiser l'Afghanistan »). Seul hic dans ce Disneyland libéral sous opium, les « les ONG et les organisations humanitaires » qui nuisent à « l'économie de marché ». Surréaliste propagande pour décrire le Pandémonium qu'est devenu l'Afghanistan comme nous allons le voir dans l'ultime volet de notre série. Nous nous attacherons également à expliquer le rôle exact de cet OTAN omniprésent dans cette histoire afghane, l'absence de stratégie criante de cette armada du crime de masse « by plane » et les retombées évidentes de cette guerre qui ne sert à rien ou presque. A suivre...


La série :  OTAN de Sarkozy, tout est devenu possible, hélas... (1) - OTAN de Sarkozy, tout est devenu possible, hélas... (2 a)

 

Oil : 

MER CASPIENNE : LE GRAND JEU. Les Talibans. (Le dessous des cartes - Arte) - Odeurs de pétrole à la Maison-Blanche [Voltaire]  -  Une chronologie des événements liés au 11 SEPTEMBRE (Entrefilets.com)  - Le nouveau « Grand Jeu » (Le Monde Diplomatique)  - Le Canada a préparé l'invasion anglo-saxonne de l'Afghanistan AVANT le 11 septembre (Voltaire) -  La France doit retirer ses troupes d'Afghanistan (Voltaire)

  

Les masques tombent :


Les guerres d'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak: un bilan horrifiant de portée mondiale (Mondialisation) - Afghanistan : l'UMP récuse le « bourbier » (Figaro)  - Guerre en Afghanistan, un cruel jeu vidéo... (Mavideotv - France 3) -  Afghanistan : Washington souhaite une plus grande implication de ses alliés européens (Voltaire) - Le Pentagone précipite les Européens dans le chaos afghan  (Voltaire) - (Le Figaro) - Flash actu : Echec en Afghanistan:menace pour l'UE - Robert Gates assure que des attentats dévasteront l'Europe si elle ne soutient pas l'OTAN (Voltaire) - La "guerre-qui-ne-sert-à-rien" en héritage (De Defensa) - Devant Obama, Sarkozy a ressorti la légende des talibans et du vernis à ongles (20 minutes)  - « Privatiser l'Afghanistan » (Voltaire)

 

 

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 DJ CC Jung

Publié dans L'Empire du Bien

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Crodoff 08/09/2008 13:47

Merci pour ce volet b de cette synthése remarquable. Le plus abject et hallucinant étant de constater ENCORE AUJOURD'HUI avec tout ce que l'on peut apprendre sur ces evements (pour qui veut chercher), que les deux futurs fusibles des tireurs de ficelles, Obama et Mc Cain et ici Sarkosy, osent encore nous sortir à la face et sans honte la fable de Al Quaida, du terrorisme international  ou de Ben Laden ! Devant des journalistes larvaires, laches et carrieristes qui relaient la soupe dans l'auge médiatique ! Mais quelle horreur, quelle crachat à la face du peuple qui se donne du mal à essayer de vivre tant bien que mal, de travailler et d'être honnete. L'internet est un outils formidable pour passer outre cette censure et cette propagande, mais j'ai aussi le sentiment que la révolte des gens face à tout cela, est ici un peu canalisée et se deverse justement sur la toile, a défaut de le faire dans le réel, ce qui serait bien plus efficace. Le net est un peu dans ce domaine, un exutoire à trop plein, mais dont le résultat n'abouti que rarement dans le concret. Peut être que la grande liberté du net réside aussi dans cela, et que les élites y ont pensé. Il y a je pense et plus que jamais dans l'histoire un fossé entre deux mondes, toutes classes confondus, entre les gens qui ont connaissance de ce circus ridicule, et les autres, qui brouttent sans fin les fadaises prête à penser qu'on leur met dans les journaux et TV, comme autant de grands champs d'ogm.Pour clôturer une petite anecdote insignifiante du 10 septembre 2001 : http://www.dailymotion.com/video/x4wotd_le-10-septembre-2001_news

cc jung in effect 08/09/2008 17:19


Merci pour les encouragements répétés et surtout mille fois merci pour le lien sur le Pentagone qui apporte un éclairage de plus sur les "évènements" à l'heure où le moindre doute émis est taxé
immédiatement de "conspirationniste", de "dérapage" ou même de pur délire en balayant d'un sarcasme idiot, la masse impressionnante de faits irréfutables qui restent sans réponse... Le puzzle
commence à ressembler à quelque chose. Un jour, ils devront bien répondre de leurs actes et agissements.