Eau et extase à tous les étages

Publié le par cc jung in effect

L’humide échange
A l’occasion de la St Valentin, l’Express propose un dossier sur l’amour et tutti quanti, un marronnier rose en somme. Le magazine a surtout demandé à l’écrivain Marie Desplechin de faire un petit topo sur les potos. Où vous apprendrez donc que le baiser réduit l’espérance de vie, fait faire une gymnastique labiale colossale, transmet des émotions et…des germes et agit comme une drogue doucereuse (douce – heureuse). A consommer sans modération.
 
Extraits :
 
« Dans de nombreuses contrées, on s'embrasse nez contre nez, de manière à respirer l'air de l'autre, et son odeur. Les variantes sont nombreuses, l'abstinence, rare. Les humains dans leur majorité se saluent et s'honorent avec les lèvres.
 
 
Une telle faveur se mérite. Le baiser est à lui tout seul une drogue complète, entièrement bio, mais pas tout à fait dépourvue de risque. Outre la célèbre mononucléose, dite «maladie du baiser», et l'herpès buccal, on relève des cas graves d'intoxication, dans le cas par exemple d'une allergique ayant embrassé à pleine bouche un partenaire qui venait de s'enfiler une boîte de beurre de cacahuète. Plus généralement, selon le département de psychologie du Western State College Gunnison, un baiser abrège la vie de trois minutes. La faute en revient à une précipitation funeste du rythme cardiaque. Moins un jour pour 480 baisers, moins une semaine pour 3 360, moins un an pour 175 200. Les hypocondriaques consommeront avec modération! A moins qu'ils ne souffrent d'une surcharge pondérale. Un baiser profond engage tous les muscles faciaux, 29 exactement (12 pour les lèvres et 17 pour la bouche), et brûle plus de 6 calories à la minute, ce qui vaut peut-être la prise de risque.  
 
 
 

Fractale du baiser by CC Jung

 
                                                                                                                              
 
Tout cela passe par le cerveau, qui diffuse dans le corps des torrents d'endorphines, qui sont une sorte de morphine autoproduite. L'endorphine est bien douce, mais c'est l'oxytoxine qui emporte le morceau. Le shoot d'oxytoxine est ultrarapide: il se produit dès lors que l'on songe à embrasser cette personne disponible qui se tient gentiment là, en face, avec un sourire engageant. Il entraîne derechef une réaction chimique de type orgasmique. Attention, c'est le début de la dépendance. D'autant que, pour équilibrer la violence de l'effet, voilà que se libère la vasopressine, hormone toujours, mais responsable cette fois de l'activation des souvenirs. Essayez d'arrêter, maintenant… »
 
 
Article intégral :
 
Le baiser, c'est la vie!

par Marie Desplechin (L'Express du 09/02/2006)
 
 
 
Liens :
 
 
 
 
« Baiser rose, baiser bleu »  (Klimt et Théophile Gautier)
 
Le baiser illustré (Tallulah.com)
 
 
 
 
 
 
Ressources du site :
 
 
A l'ouvrage (sur le baiser)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
See U (à ma Querida, Biz)
 
 
CC Jung

Publié dans les dépêches orange

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